Les eurodéputés ont débattu, mardi à Strasbourg, des risques que pourraient entraîner pour l'industrie européenne l'attribution du statut d'économie de marché (SEM) à la Chine. Les parlementaires présents ont pour la plupart souligné le besoin de protéger les secteurs industriels de l'UE des importations en dumping du pays asiatique, et ce en mettant en place des mécanismes de défense commerciaux forts et efficaces.

La question de l'octroi du SEM à la République populaire se pose en raison de l'expiration en décembre de certaines dispositions comprises dans le protocole d'adhésion du pays à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Le débat juridique sur la signification de cette expiration est incertain : le paragraphe du protocole faisant référence à l'octroi du statut à la Chine étant particulièrement ambigu.

"Ce qui nous importe ce sont les emplois de l'industrie européenne, pas tant le statut lui-même", a commenté mardi le député allemand Daniel Caspary (PPE). "Il faut absolument que nous disposions de mécanismes de défense face à la Chine", a-t-il ajouté, avant d'appeler la Commission à présenter une nouvelle proposition pour lutter contre le dumping.

Les groupes ECR, ALDE et Les Verts ont également insisté sur l'importance de pouvoir conserver des mesures anti-dumping pour faire face à la Chine, tandis que le groupe des socialistes et démocrates européens (S&D) va plus loin en s'opposant à l'octroi du SEM au pays.

"Aujourd'hui, la Chine n'est tout simplement pas une économie de marché. Ne nous réfugions pas derrière des notions techniques. Dans le secteur de l'acier notamment, on assiste depuis des années à du dumping chinois. Vu ce risque et au nom du principe de précaution, nous devons nous opposer à l'octroi du SEM à la Chine", a estimé le président du groupe S&D, Gianni Pitella.

Le commissaire européen Vytenis Andriukaitis, qui participait au débat, a reconnu qu'il était "indéniable" que la Chine n'était pas à l'heure actuelle une économie de marché. La Commission travaille donc à une "nouvelle approche" qui comprendra un système solide de défense commerciale et assurera la conformité avec les règles de l'OMC, a-t-il affirmé. "Le collège des commissaires débattra de cette approche "avant les vacances d'été."

Au nom de la présidence du Conseil, Jeannine Hennis-Plasschaert a pour sa part déclaré que le sujet serait débattu lors du Conseil des affaires étrangères sur les questions commerciales du 13 mai.

Le Parlement européen se prononcera quant à lui sur une résolution jeudi.