Ce n’est pas nouveau : un kilowatt bien employé est un kilowatt qu’il n’a pas fallu produire. Autrement dit, qu’il n’a pas fallu consommer. Et à ce petit jeu, les énergies vertes partent perdantes.

Il suffit de passer par le stand Énergie de la Région Wallonne : “Le soutien et les primes en faveur d’une meilleure isolation des habitations n’ont pas changé depuis l’an dernier. Il y a même eu une simplification.”

En l’occurrence, la non-discrimination entre porte pleine et châssis, qui donnait souvent du fil à retordre aux propriétaires comme à l’administration.

Quant aux énergies vertes, et tout particulièrement le secteur photovoltaïque, nul besoin de rappeler leurs récents déboires… et le moment de doute qui en découle. Les investisseurs hésitent, se demandent si cela en vaut encore la peine.

“Il y a quelques années, on a gonflé le secteur. Les installateurs surdimensionnaient régulièrement les installations pour bénéficier de meilleures primes” , concède un représentant d’une firme belge très active aux Pays-Bas. Quitte à rentabiliser le tout dans un délai plus long.

“Désormais les gens préfèrent adopter plusieurs systèmes côte à côte” , comme les panneaux thermiques pour la production d’eau chaude, la géothermie (beaucoup plus chère à l’installation) ou les chaudières à cogénération. Le secteur n’est donc pas mort, loin de là, mais “à la fin de cette année, les entreprises qui auront survécu auront fait leurs preuves” , prévoit le représentant.

Ce qui n’enlève rien à la nécessité d’isoler la maison. Même si une installation de production d’énergie renouvelable apporte une plus-value à l’habitation, “elle ne compense pas l’inconvénient d’une mauvaise isolation” , dit-on au stand wallon.

Ce n’est donc pas une surprise si, tant du côté des constructions clés sur porte que du côté des matériaux, l’isolation occupe précisément une place de choix dans les descriptifs.

Qu’elles soient à ossature en bois ou classiques, les habitations neuves visent toutes une consommation d’énergie basse.

Cela vaut mieux, car si les primes à l’isolation n’ont pas changé d’un pouce, elles sont tout de même plus avantageuses pour de vieilles maisons (ou appartements). Les nouvelles constructions étant supposées bénéficier d’une couche protectrice contre le froid (et le chaud), comme contre la dépense inutile.