Après une première tentative cet été, EDF est parvenu à mettre la main sur le marché du nucléaire britannique en rachetant British Energy pour plus de 15 milliards d'euros, mais le coût de cette opération suscite des interrogations, notamment chez les salariés.

L'électricien français a lancé mercredi la plus grande opération de son histoire en confirmant l'acquisition, pour un montant compris en 15,2 et 15,7 milliards d'euros, de l'exploitant britannique de centrales nucléaires British Energy (BE), qui a accepté cette OPA. Celle-ci ouvre à EDF les portes du très convoité marché britannique du nucléaire, que Londres a décidé, en janvier, de relancer. Elle marque une étape importante dans sa stratégie de développement à l'international dans le nucléaire et compense le revers essuyé la semaine dernière par EDF qui s'est fait rafler l'électricien américain Constellation par le milliardaire Warren Buffett. Pour y arriver, le patron d'EDF, Pierre Gadonneix, qui refusait d'acheter BE "à n'importe quel prix", a dû toutefois un peu relever son offre après une première proposition fin juillet, refusée alors par deux actionnaires de BE. EDF a proposé de racheter les actions de British Energy soit tout en numéraire à 774 pence par action (contre 765 pence précédemment), soit en partie en numéraire à 700 pence et en partie en titres. Le groupe public français pourrait toutefois réduire la facture car il est en "discussions avancées" avec le gazier britannique Centrica pour que ce dernier rachète, au même prix, 25 pc de BE. Invesco, l'un des deux actionnaires de BE à s'être opposés à la première offre arguant d'un prix trop bas, a accepté mercredi l'OPA. Reste l'autre, le fonds d'investissement M&G, mais EDF se dit "assez confiant" dans la réussite de cette opération "très amicale" .

Premier actionnaire de BE avec 35,2 pc du capital, le gouvernement britannique, qui a toujours appuyé EDF, a salué ce rachat, tout comme le Premier ministre français François Fillon. Avec BE, qui possède huit des dix centrales nucléaires du pays, EDF, qui exploite déjà 58 réacteurs en France, accède à un marché nucléaire prometteur. Le coût de ce rachat suscite toutefois des craintes, notamment du côté des salariés, qui le jugent "trop élevé" . M. Gadonneix a toutefois affirmé que son groupe était capable de réaliser d'autres acquisitions. A la Bourse de Paris, l'action EDF a gagné 3,21 pc à 51,76 €. (AFP)