"La meilleure manière de prédire l'avenir, c'est de l'inventer". Cette citation d'Allan Kay, concepteur du DynaBook, l'un des premiers prototypes d'ordinateur portable, nous paraît plus que jamais d’actualité.

L’actuelle déconfiture financière nous fait prendre conscience que l’Argent n’est qu’une Idée. Et que celle-ci a été poussée à son paroxysme dans un système où l'on prônait le profit maximum. Comment en est-on arrivé là aujourd’hui? Le souvenir du krash boursier de 1929 n’aurait-il pas dû nous rappeler les limites de la capitalisation boursière? Avant de faire le bilan de cette probable récession économique, la crise doit provoquer le débat et nous faire réfléchir à de nouvelles perspectives.

La croissance à tout prix et le surendettement nous ont conduit dans une impasse. Le temps est venu de donner une autre utilité à l'argent où le bien commun et l’intérêt général constitueraient la finalité ultime de l’activité économique. Nous pensons par exemple à ces économistes antilibéraux qui prônent l’économie alternative avec des impératifs éthiques à la clef. Pour ces économistes à « contre-courant », le système financier doit être placé sous contrôle public. Il impliquerait entre autres des taxes sur l'ensemble des opérations financières et l'introduction de freins à la circulation internationale des capitaux à court terme.

D’ailleurs certains établissements bancaires n’ont pas attendu l’actuelle déroute pour proposer des modèles d’épargne et de crédit tout à fait différents. La Banque Triodos, active depuis plus de 25 ans dans le secteur de l'économie solidaire, est le parfait exemple de réussite bancaire ancrée dans le financement des enjeux de demain tels que la sauvegarde de l’environnement, l'énergie renouvelable et le sociétal. Tout comme Crédal, société coopérative belge de crédit social, elle fait figure de pionnière en matière d'économie alternative en Belgique. Toutes deux connaissent aujourd'hui un franc succès et leur modèle est à suivre de près.

Ces initiatives n’avaient jusqu’ici pas droit de cité, ni dans les cercles financiers mondiaux ni dans les médias. Elles suscitaient au mieux des sourires narquois. Mais l’effondrement de Wall Street et de ses prophètes ouvre la voie d’une économie simplifiée. Jusqu'ici, la complexité - entretenue - du système financier et les croyances religieuses néolibérales empêchaient le public d'être correctement informé. Placer la finance sous contrôle public, ériger des règles claires et mettre la finance au service du progrès de la société dans son ensemble; tels sont les défis de taille à relever par nos gouvernants. Mais avant tout par nous-mêmes.