Le projet de loi que le gouvernement Di Rupo se prépare à déposer au Conseil d’Etat a pour vocation de préserver les épargnants des erreurs ou, pire encore, de la cupidité de leurs intermédiaires financiers. Plus exactement, il s’agit d’en rajouter une couche car, jusqu’à présent, seuls les banquiers passaient pour des "charlatans" en puissance. Chacun sait que lorsqu’il s’adresse à son banquier pour lui confier ses économies, on le passera au crible du Mifid. Cette directive européenne veut que tous les épargnants agissent en connaissance de cause, sans prendre des risques qui ne sont pas en rapport avec leur situation. C’est pour cela que chaque client de banque est invité à valider un profil d’investisseur que le banquier doit respecter. Donc, une meilleure information mais surtout une information plus régulière et plus de transparence dans l’évolution de son patrimoine. Le système est lourd à gérer mais force est de reconnaître qu’il aura permis à bien des épargnants de ne plus se laisser prendre au piège des produits miracles. Mais, curieusement, ce mécanisme s’appliquait jusqu’ici aux seuls banquiers. Les assureurs, eux, en étaient exclus alors qu’en fin de compte, ils diffusent eux aussi quantité de produits financiers ni plus ni moins risqués que ceux qu’offrent les banques. Le gouvernement a voulu réparer cette anomalie avec les grands moyens. De faux clients iront tester les intermédiaires pour vérifier leur intégrité ou tout simplement leur bonne connaissance des produits qu’ils vendent. Certes, cet ajustement aurait pu être plus rapide. Mais l’essentiel est qu’on tire les leçons de la crise.