La crise économique n’est pas terminée, bien que la reprise mondiale soit "bien engagée". Pour qui en aurait douté, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), qui marche sur des œufs, est un modèle de prudence. Dans ses prévisions semestrielles, le "club des pays riches" réaffirme que des "risques d’incertitudes" (flambée du pétrole et montée de l’inflation, ralentissement appuyé de la Chine, ciel assombri au Japon, rechute des marchés de l’immobilier, vulnérabilité persistante de la zone euro, etc.) planent sur la reprise. On l’avait compris !

L’organisation, qui regroupe 34 pays, prévoit une croissance de 4,2 % du produit intérieur brut mondial cette année (contre 4,9 % en 2010) et de 4,6 % en 2O12. Le taux de chômage dans la zone, après avoir atteint 8,3 % l’an dernier contre 6 % en 2008, devrait revenir à 7,9 % cette année et 7,4 % l’année prochaine.

A Deauville, où se déroulait un G-8 très médiatique, et dans la plupart des capitales occidentales, le message a été reçu cinq sur cinq. Bien que l’OCDE ait invité les dirigeants à "redoubler d’efforts" pour corriger les déséquilibres et redonner du souffle à leur économie, ceux-ci ont retenu les accents positifs qui les arrangent.

Ainsi, Didier Reynders, notre ministre des Finances, qui a déclaré tout sourire que les prévisions de l’OCDE - une croissance de 2,4 % cette année au lieu de 1,8 % - "contredisent" Fitch, balayant un peu vite les inquiétudes exprimées par l’agence de notation. Il faudra pour cela que l’effort budgétaire - payant en 2011 - ne se relâche pas en 2012. Et que l’horizon mondial ne s’assombrisse à nouveau