On savait que la politique énergétique de la Région wallonne était tout un poème. Mais, cette fois, on vire à la comédie de boulevard. Et comme dans tout bon vaudeville, il y a forcément un cocu quelque part. Pas de chance, dans le scénario du gouvernement wallon sous la conduite du ministre en charge de l’Energie, l’Ecolo Jean-Marc Nollet, le cocu, c’est le consommateur. C’est que le malaise est devenu très profond depuis qu’on connaît les intentions du gouvernement wallon en matière de réforme du statut de l’énergie photovoltaïque. Comme à Chypre, on parle de hold-up puisqu’il s’agirait de prendre au piège tous les ménages qui sont tombés dans le panneau du photovoltaïque. Ils ont investi sur la base d’une promesse de subsides (les certificats verts) et voilà que le gouvernement wallon reviendrait sur cette promesse. Pire, sur cet engagement. Puisqu’il s’agissait bien d’un contrat de confiance qui a incité de nombreux citoyens à investir dans l’énergie propre. Finalement, on a affaire à une mauvaise farce : les consommateurs sont pris en otage pour permettre à un mauvais gestionnaire, le ministère de M. Nollet en l’occurrence, de réparer ses erreurs et son manque de prévoyance, certains diront ses fautes. Jean-Marc Nollet a rappelé il y a peu qu’il avait la responsabilité des 3 000 emplois du secteur. Manifestement, il les a oubliés si on en juge par les réactions des entreprises qui, elles aussi, ont misé sur la pérennité de ce projet écologique. Qu’il faille revoir un système que l’effet d’aubaine a souvent dénaturé est évident. Mais certainement pas en faisant du citoyen le dindon de la farce.