Au terme de 27 heures de négociations, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept ont approuvé à l’unanimité un cadre budgétaire pour la période 2014-2020. De rigueur, pour ne pas dire d’austérité. Inférieur, de quelque 35 milliards d’euros, au cadre pluriannuel précédent - une première fois dans l’histoire de l’Union. Comme de coutume, au terme de ce genre de marathon budgétaire, les participants ont, à la quasi-unanimité, salué, qui "un bon compromis", qui "un accord important". Les principaux groupes politiques du Parlement européen, les fédérations patronales, syndicales, agricoles, les défenseurs de l’environnement ou les associations d’aide aux plus démunis ne partagent pas - du tout - cet avis.

Etait-il possible de parvenir à un meilleur résultat ? Sans doute pas, compte tenu de l’inflexibilité de certains Etats membres, dont le principal objectif était de réduire au maximum leur contribution au budget européen.

Il n’empêche : c’est une défaite en rase campagne pour le projet européen. L’Union a plus que jamais besoin de stimuler la croissance, relancer l’emploi pour s’extraire de la crise économique et préserver le bien-être de ses 500 millions de citoyens, affermir sa place dans le monde... En rognant sur les moyens dont elle a besoin pour mener à bien des politiques communes servant l’ensemble de ses Etats membres, les Vingt-sept ont fait preuve d’un coupable manque de vision et d’ambition. Faire passer le fruit de cette négociation pour un "bon compromis" équivaut à tenter de faire croire que la Terre est plate au simple prétexte qu’il a fallu longtemps pour mettre tout le monde d’accord pour arriver à cette conclusion.