Ce qui surprend avant tout, dans les révélations fracassantes faites jeudi sous l’égide d’un consortium international de journalistes d’investigation, c’est l’ampleur des données mises sur la place publique. Car s’agissant de l’existence de paradis fiscaux et des motivations - souvent peu reluisantes - des personnes et des sociétés qui y trouvent refuge, il n’y a, à vrai dire, rien de bien neuf sous les palmiers desdits paradis.

De qui et de quoi parle la bombe baptisée "Offshoreleaks" ? On y retrouverait des cas de fraude fiscale, mais aussi d’évasion, voire d’optimisation.

L’essentiel n’est cependant ni le "qui" ni le "quoi".

Peu importe, à la limite.

Ce qui choque, c’est la course effrénée à l’impunité fiscale. Jouant des "trous noirs" d’une économie hyperinformatisée et mondialisée, sociétés et particuliers fortunés sont toujours plus tentés de contourner toutes les formes d’impôt, le risque de se faire pincer étant en fin de compte limité. Or, à moins de considérer que l’impôt n’a aucune valeur dans nos systèmes politiques, sociaux et économiques, cette impunité accaparée par quelques "happy few" n’est pas supportable.

La balle, aujourd’hui, est dans le camp des autorités publiques nationales et internationales. On repense aux puissances du G20 qui, dès 2009, avaient brandi de mâles intentions envers les paradis fiscaux. Quatre ans plus tard, ils en sont toujours à discuter de la définition du "paradis fiscal" De ce point de vue, "Offshoreleaks" pourrait être salutaire et stimuler les autorités à agir. Car tout reste à faire.