La sortie du ministre des Finances, Steven Vanackere, n’a pas fini de faire des vagues. Pousser les épargnants à investir en Bourse est sans doute une bonne idée pour la Bourse et une partie du secteur financier, mais elle ne répond absolument pas au cahier des charges du ministre tel que défini dans le tout récent accord budgétaire. Les sénateurs PS Marie Arena et Ahmed Laaouej, respectivement économiste et fiscaliste, ont confié à "La Libre" leur surprise de voir arriver le ministre des Finances là où on ne l’attendait pas, alors qu’il n’apparaît pas là où il est attendu... Au terme du débat sur les mesures à prendre pour équilibrer un budget 2013 difficile, il avait été décidé d’aller vers des mesures concrètes visant à faciliter le financement des PME par les banques. Or, alors que le secteur bancaire a été porté par l’Etat et les deniers publics au fil de la crise financière, il apparaît qu’il rechigne aujourd’hui à se plier aux suggestions du gouvernement. Ni le "livret B" proposé par les socialistes, ni le livret vert d’Ecolo ne trouvent grâce aux yeux de la corporation. Et que fait le ministre des Finances ? Il n’a pas donné jusque-là le sentiment de se battre pour mettre en œuvre la philosophie de l’accord budgétaire. Il parle, par contre, de doper la Bourse où toutes les tentatives de cotation des PME ont été vouées à l’échec par le passé. Ce faisant, il irait jusqu’à détricoter le début d’harmonisation de la taxation des revenus des placements financiers, péniblement dégagé par le gouvernement. Et cela, quelques semaines à peine après avoir collaboré à la réalisation de cet accord budgétaire.