Selon les chiffres de Statbel, l’écart salarial dans le secteur de la chimie reste important, note la FGTB. “Les femmes sont presque toujours moins rémunérées que les hommes. Dans le sous-secteur du plastique/caoutchouc et dans le sous-secteur de la chimie, plus de 40 % des femmes perçoivent moins de 3 000 €/brut par mois alors que seulement 25 % des hommes sont dans cette situation”, dénonce le syndicat, précisant qu’une femme sur deux gagne moins que le salaire médian en Belgique.

“Plus grave encore, 10 % des travailleuses gagnent moins de 14 euros brut/heure”, un pourcentage qui monte à 15 % pour les ouvrières. “Or, il s’agit là du seuil minimum pour vivre dignement de son travail”, ajoute le syndicat. Si l'organisation reconnaît que le sous-secteur de l’industrie pharmaceutique est quant à lui plutôt égalitaire et représente une lueur d'espoir, il appelle à ne pas se détourner du combat et d’en faire une priorité pour les employeurs.

"Avec moins de 14 euros, vous devez faire des choix difficiles"

Le syndicat a recueilli le témoignage d'An, prénom d'emprunt, pour appuyer son argumentaire. "Maintenant que mes deux enfants ont fini leurs études, je peux enfin vivre au lieu de survivre", déclare-t-elle, après trente ans dans le secteur de l'industrie plastique, où elle est toujours active.

"Le fait de percevoir un salaire horaire proche de 14 euros et d’avoir du mal à nous en sortir ne peut qu’éveiller un sentiment de solidarité envers ceux qui gagnent encore moins que nous. Certaines entreprises engrangent de gros bénéfices mais n'ont pas la décence d’améliorer les salaires de leurs travailleurs, ça fait mal", ajoute-t-elle.

La Commission européenne veut des règles claires pour tous les Etats membres

"L’égalité pour les rémunérations est un droit depuis 1957, et pourtant, aujourd’hui, dans l’UE, les femmes gagnent moins que les hommes" a d'ailleurs déclaré la Commission européenne jeudi. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a proposé, quelques jours avant la journée internationale des droits des femmes, des règles pour faire respecter ce principe dans tous les États membres. En cas de non-respect, elle leur recommande donc d’infliger des amendes.

“Il faut de la transparence. Les femmes doivent savoir si leurs employeurs les traitent équitablement. Et lorsque ce n’est pas le cas, elles doivent avoir le pouvoir de se défendre et d’obtenir ce qu’elles méritent”, a précisé Ursula von der Leyen. L’écart de rémunération reste de 14,1 % en moyenne et de 30 % pour ce qui est des retraites. L’écart est “beaucoup plus important si on ne tient compte que du secteur privé”, confient également les fonctionnaires européens qui ont travaillé sur ce projet.

La Belgique à la 10e place

Si l’on se réfère au Women in Work Index sur l’émancipation économique des femmes dans les pays de l’OCDE (l’Organisation de coopération et de développement économiques), la Belgique conserve sa dixième place dans le classement pour 2019. En tête, on retrouve l’Islande, la Suède et la Nouvelle-Zélande.

Bien que la Belgique soit historiquement le troisième pays à avoir fait le plus de progrès (passant de la 20e place en 2000 à la 10e en 2019), peu d’avancées ont été engrangées en 2019, note PwC, qui établit l’indice chaque année.

“À peine 64,9 % des femmes en Belgique sont actives sur le marché belge du travail, contre 73 % des hommes, alors que la moyenne de l’OCDE s’élève à 70 %”, souligne en revanche le bureau de consultance, qui précise que le nombre de femmes atteint désormais 36,7 % au sein des conseils d’administration.