La Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) a annoncé hier qu'elle avait approuvé le prospectus d'offre publique d'achat et d'échange de Suez sur Electrabel. Ce prospectus «au caractère très pédagogique» fait environ 200 pages auxquelles il faut ajouter de nombreuses annexes, a précisé le vice-président de la CBFA, Jean-Paul Servais. On y trouvera les quatre «fairness opinion» (il n'y en a jamais eu autant pour une OPA), mais aussi notamment les engagements de Suez de «A à Z».

Fait inhabituel: le prospectus est mis à la disposition du public avant l'offre. A partir du 26 septembre, il sera mis en ligne sur le site de Suez(1). Les exemplaires imprimés seront disponibles, sans frais, à l'ouverture de l'offre.

En âme et conscience

Quant à l'OPA, elle ne débutera que le 10 octobre et se clôturera le 7 novembre. Pour chaque action Electrabel apportée à l'offre, il sera remis une contrepartie de 323,56 euros en numéraire et 4 actions Suez.

L'objectif est de permettre aux intercommunales, qui détiennent 4,67pc du capital d'Electrabel, d'avoir le temps de se prononcer «en âme et conscience».

Elles pourront ainsi envoyer dès le 26 septembre les ordres du jour (avec le contenu du prospectus) pour les conseils d'administrations ou les assemblées appelés à se prononcer sur l'offre. Certaines d'entre elles pourraient décider d'apporter leurs titres avec l'approbation de l'autorité de tutelle comme condition suspensive, laquelle aura une durée de 4 mois.

Réouverture de l'offre

Contrairement à ce que certains juristes pensaient, le problème pour les communes de recevoir des titres Suez - puisqu'il s'agit d'une offre en cash et en titres - ne se pose pas. «Rien n'empêche une prise de participation dans une autre société qu'Electrabel», a expliqué Jean-Paul Servais. Et de rappeler la loi de 1994 qui permet aux communes de prendre une participation directe ou indirecte dans le secteur de l'énergie.

Avec notamment une participation dans Telenet (lire par ailleurs), Electrabel n'est pas uniquement présente dans le gaz et l'électricité.

Si le groupe Suez détient 90 pc des titres (ou plus) après le 7 novembre, il est obligé de rouvrir l'offre dans le mois durant 15 jours ouvrables.

Reste à voir maintenant ce que vont faire les communes.

Il est loin d'être évident que l'appel lancé par Fabrizio Bucella (PS), Henri Simons (Ecolo) et Etienne Schouppe (CD&V) de faire de la résistance, sera suivi par d'autres élus locaux.

Le mot de la fin reviendra très certainement aux hauts dirigeants politiques du pays. Une réunion organisée il y a quelques jours par Guy Verhofstadt avec certains présidents de partis avait abouti à quelques pistes. L'idée était de prendre une position commune.

Une nouvelle réunion est prévue, mais à une date non précisée.

(1)Webwww.suez.com

© La Libre Belgique 2005