Environ un an après la fusion de Gaz de France (GDF) et de Suez, un nouvel organigramme sera opérationnel dès ce lundi 20 juillet au sein de la branche Energie Europe&International (EEI) du nouveau groupe, basée à Bruxelles. Objectif de la réorganisation : davantage de clarté, transparence accrue et volonté de faire coïncider la gestion managériale avec les structures juridiques. "Après la fusion, il était clair que la solution que nous avions mise en place était intermédiaire, et que nous devions aller vers un mode d'organisation plus structuré, plus cohérent et plus simple. Le nouvel organigramme sera une structure matricielle qui va s'occuper de deux choses : guider la politique des produits et créer un maximum de synergies entre les différentes zones d'activités et le groupe. L'entité juridique Electrabel coiffera l'ensemble de la branche EEI. Nous travaillons sur cette nouvelle organisation depuis fin 2008, elle permettra au groupe d'accroître son efficacité", a indiqué notre compatriote Dirk Beeuwsaert, directeur général adjoint de GDF Suez et grand patron de la division EEI où il a succédé à Jean-Pierre Hansen. Ce dernier demeure toujours administrateur délégué d'Electrabel, et prend la présidence d'un comité "Energie" de 8 à 9 membres, qui planchera sur la stratégie à moyen et à long terme des activités du groupe GDF Suez.

La restructuration passe donc par la création de cinq régions opérationnelles (contre trois auparavant) en dehors de la France qui demeure logée dans une entité indépendante : Benelux&Allemagne, Europe, Amérique latine, Amérique du nord, Moyen-Orient-Asie-Afrique. Trois Belges sont aux commandes de la première, la troisième et de la cinquième zone dont Sophie Dutordoir que nombre d'observateurs citent comme future remplaçante de Jean-Pierre Hansen à la tête d'Electrabel. Ex-CEO de Fluxys, le gestionnaire du réseau gazier belge de mai 2007 jusqu'à son retour chez Electrabel en janvier 2009 par la volonté de Jean-Pierre Hansen et à ses côtés comme conseillère, elle hérite de la direction du grand pôle "Benelux et Allemagne". Jan Flachet et Guy Richelle, deux autres Belges, pilotent respectivement les pôles "Amérique latine" et "Moyen-Orient-Asie-Afrique". Les deux autres sont dirigés par un Français (Stéphane Bricmont pour l'Europe) et un Américain (Zin Smati pour l'Amérique du Nord).

La nouvelle organisation d'EEI se traduit aussi par la création de fonctions transversales dont la direction a été confiée à six titulaires dont trois Belges (Alain Janssens pour les marchés et les ventes; Eric Kenis pour les opérations de production, de distribution et l'informatique; Philip De Cnudde pour le contrôle et développement commercial).

Au total, la direction générale de l'une des six branches de GDF Suez est composée actuellement de 13 membres dont 7 Belges. Elle compte 120 membres qui seront basés à Bruxelles. EEI regroupe surtout les activités énergétiques d'Electrabel et celles de feu Tractebel. L'entité Suez Tractebel SA devient donc une coquille vide qui devrait officier comme un holding financier. Jusque quand ?

La restructuration de la division Energy Europe&International n'est pas encore finie et devrait se clôturer d'ici la fin de l'année par la mise en place des petits clusters, notamment dans les différentes régions. La Branche EEI est une des plus importantes divisions (sinon la plus importante) du groupe GDF Suez. Elle représente un chiffre d'affaires de 30 milliards d'euros sur un total d'environ 80 milliards réalisé par l'énergéticien mondial et lui apporte près de 35 % de son résultat opérationnel (EBITDA). Le nouveau management, mis en place par et sous la direction de Dirk Beeuwsaert, pilotera au total environ 25 000 collaborateurs répartis dans le monde.

© La Libre Belgique 2009