Electricité : 7 entreprises font le forcing

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Ariane van Caloen

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Décidément, la pression est de plus en plus forte pour avoir une électricité plus compétitive en Belgique. Sept fleurons de l'industrie en Belgique (Air Liquide Industries Belgium, Arcelor Mittal, BASF Antwerpen, Duferco, Solvay, Tessenderlo Chemie et Umicore) viennent en effet de prendre une initiative qui va dans ce sens. Et pour cause, elles sont toutes electro-intensives avec une consommation annuelle totale de 14 TWh (soit environ 15 pc de la consommation totale du pays). Ce groupe appelé "Blue Sky" a annoncé hier qu'il a l'intention de s'établir en tant qu'entité légale afin de mettre en oeuvre un mécanisme d'approvisionnement énergétique "innovant". Son objectif est de "s'assurer un approvisionnement énergique fiable et à faible coût, dans le cadre d'un engagement à long terme, générant la même compétitivité en termes de prix que l'énergie nucléaire. Cet engagement pourrait se concrétiser par des droits de tirage, qui pourraient inclure un paiement d'avance pour une capacité de production équivalente à la consommation du groupe, acquise auprès d'un ou plusieurs opérateurs présents ou futurs". C'est la "durabilité et la compétitivité" de leurs activités en Belgique qui est en jeu.

"B lue Sky est déterminé à engager des négociations sur cette base avec Electrabel et d'autres opérateurs. Etant donné les avantages du projet pour le marché, il attend le ferme soutien du gouvernement belge", conclut le communiqué.

Cette initiative n'est pas une première, nous a expliqué hier Paul Huybrechts, responsable des achats pour le groupe Umicore. En France, un groupe d'entreprises a fait une demande similaire. Un consortium est en train de faire la même démarche aux Pays-Bas. Et en Finlande, le processus est même plus avancé avec le financement d'une centrale nucléaire par un groupe de sociétés industrielles.

Pour Paul Huybrechts, les revendications de Blue Sky peuvent s'inscrire dans le cadre de la Pax electrica II qui prévoit notamment l'arrivée d'un troisième producteur pour améliorer la concurrence en Belgique.

La réaction n'est pas négative du côté d'Electrabel où l'on se dit aussi "demandeur de ce type de contrats qui apportent une meilleure visibilité".

Problème de concurrence ?

Mais une telle initiative ne risque-t-elle pas d'être refusée par la Commission européenne en raison des problèmes de concurrence qu'elle pose ? Selon Paul Huybrechts, c'est justement pour tenir compte de cela, que le groupe Blue Sky se montre prêt à investir dans les activités de production.

"De plus en plus, l'industrie électro-intensive devra remonter en amont pour s'assurer une indépendance par rapport aux producteurs", note un expert en énergie. Mais il se demande aussi si ces solutions trouvées au niveau local (si l'on pense aussi à la volonté de la France de maintenir un système de régulation des prix) ne vont pas mettre en péril le marché européen de l'énergie et reposer la question de la libéralisation.

© La Libre Belgique 2006

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