Comprendre l’évolution du prix du gaz et de l’électricité n’est pas, on le sait, une simple affaire. Tant il y a de paramètres qui entrent en jeu. Cela va comme on sait du coût de l’énergie aux tarifs de distribution (Sibelga, Tecteo, etc) en passant par les taxes ou autres cotisations.

La Creg, le régulateur fédéral du marché belge de l’énergie, vient de réaliser une étude "sur les composantes des prix de l’électricité et du gaz naturel" pour la période 2003-2009 qu’elle a transmise vendredi dernier à "son" Conseil général où l’on retrouve les différents acteurs énergétiques du pays mais aussi notamment les partenaires sociaux. Et que révèle cette étude ? Tant pour le gaz que l’électricité, le prix a atteint son seuil historique le plus élevé en novembre 2008 depuis juillet 2003. Ensuite, il a baissé mais pas de quoi revenir aux niveaux planchers. Et pour cause, la hausse de la composante "fournisseur" reste quand même importante au cours de ces dernières années : pour le gaz, elle atteint entre 50 et 70 % si l’on prend les deux principaux fournisseurs du pays, à savoir Electrabel et Luminus. Pour l’électricité, elle varie de 20 à 40 % selon le type de clients chez Electrabel. Toutefois, il ne faut pas se fier qu’aux pourcentages. Il ressort aussi des tableaux de la Creg que le client d’Electrabel a payé son électricité moins cher sur la période étudiée (2003 - 2009) que le client de Luminus.

Et quid des tarifs de distribution pour l’électricité ? A Bruxelles, la hausse peut atteindre 35 % pendant la période sous revue. En cause notamment : une très forte hausse des coûts des OSP (obligations de service public) entre 2006 et 2007. Les deux gestionnaires de réseau de distribution (GRD) en Wallonie (Tecteo à Liège et IEH dans le Hainaut) ne présentent pas de hausse de tarifs. Autre point important : les prélèvements publics et les contributions pour l’énergie renouvelable et la cogénération "constituent un facteur non négligeable dans la hausse du prix final au consommateur", note encore l’étude de la Creg.

Pour le gaz, contrairement à l’électricité, il n’y a pas eu de hausse notoire du tarif de distribution sur la période sous revue. Quant aux prélèvements publics, ils jouent un rôle plus limité dans la hausse du prix final au consommateur. En Région de Bruxelles-Capitale, les prélèvements publics atteignent un niveau relativement élevé. "Ceci est dû à la redevance de voirie qui est environ sept fois supérieure à celle des autres régions", note encore l’étude de la Creg.

Quelle influence pourrait avoir cette étude sur la politique menée par le ministre de l’Energie, Paul Magnette ? "On a reçu l’étude vendredi. Elle va être analysée par l’administration. Le ministre réagira quand il aura tous les éléments", nous a expliqué sa porte-parole, Marie-Isabelle Gomez.