Cela fait trois ans que le marché de l'énergie a été libéralisé en Flandre et la facture a du mal à baisser. Telle est la conclusion de la dernière étude de Test-Achats présentée hier. Elle n'a pas de quoi réjouir les Bruxellois et les Wallons qui peuvent aussi dorénavant faire jouer la concurrence pour leurs achats de gaz et d'électricité...

Mais à qui la faute ? Si la facture ne baisse pas, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de concurrence, c'est parce que les taxes ont explosé et que les prix des combustibles sont aussi à la hausse, estime Test-Achats.

Si l'on prend le prix de l'électricité demandé par Electrabel pour une consommation annuelle de 3 500 kWh, la hausse est de 7 pc de 2006 à 2007.

Quant à l'augmentation des taxes, elle a été dans le Nord du pays de 221 pc, selon les calculs de l'association des consommateurs. Elle a complètement anéanti la baisse des prix du transport (Elia) et de la distribution (assurée par les intercommunales) qui ont pourtant baissé (- 11 pc dans certains cas) et qui constituent une part importante de la facture (40 pc environ). Cette explication a fait réagir le ministre fédéral de l'Energie, Marc Verwilghen. "La hausse des prix en 2006 n'est pas imputable aux taxes fédérales, car aucune nouvelle taxe n'a été introduite cette année", souligne-t-il dans un communiqué.

Test-Achats souligne également que les tarifs de distribution pour 2007, qui doivent être présentés prochainement par la Creg (le régulateur fédéral), risquent d'augmenter.

Et de fait, il y aura une hausse des tarifs tant à Bruxelles qu'en Wallonie et en Flandre, nous a confirmé hier le porte-parole de la Creg, Tom Van den Borre. Mais, rassure-t-il, elle sera moins forte que celle qui a été demandée. Cette hausse répond à la décision des Régions d'augmenter les services publics assurés par les intercommunales.

Dans son étude, l'association de consommateurs souligne également la forte différence de tarifs entre les différents fournisseurs et constate que les tarifs des fournisseurs par défaut - ceux qui sont appliqués aux clients dormants - sont d'office moins intéressants.

Elle estime également que les fournisseurs d'énergie appliquent l'accord sectoriel de traitement équitable du consommateur conclu en juillet 2006. Mais en ce qui concerne les contrats proposés, elle constate qu'il n'y a toujours que peu ou pas de contrats à durée indéterminée avec prix fixes et qu'un certain nombre de contrats contiennent encore des clauses abusives comme par exemple, des limitations de la responsabilité en cas de rupture de fourniture.

Formules indexées

Elle passe également en revue les contrats avec des formules indexées et note que le contrat Luminus Budget est particulièrement peu intéressant. Ce à quoi, la SPE (maison mère de Luminus) rétorque qu'il ne s'agit "que d'un type de profil de clients" (3 500 kWh/an). "Les nouveaux fournisseurs commencent toujours avec des prix promotionnels. Après quelques mois, les tarifs sont très proches des fournisseurs par défaut", commente également Jan Robberechts, porte-parole de la SPE.