Tout plan de restructuration, que ce soit pour un site ou pour un département, doit être négocié au niveau d'AB InBev Belgium, affirme le syndicat socialiste. "Avant, toutes les négociations se passaient de cette manière. Mais depuis peu, InBev souhaite négocier secteur par secteur. Nous voulons pouvoir mener la conciliation avec tous nos représentants pour l'ensemble d'AB InBev Belgique", explique Patrick Rehan, secrétaire régional de la FGTB Horval Liège.

Le premier groupe brassicole mondial a annoncé hier son intention de transférer de Jupille vers les Etats-Unis la production de la Stella Artois. Ce changement entraînerait une trentaine de licenciements et la non-reconduction de 58 contrats temporaires. AB InBev a justifié cette délocalisation par des motifs environnementaux et... sociaux. 

Un mois de septembre agité 

La direction a en effet insisté sur l'importance, dans un contexte de forte croissance internationale pour leur pils, de bénéficier d'un approvisionnement continu. Le mois de septembre agité qu'a connu le site de Jupille n'a pas rassuré les responsables. Le fonctionnement de la brasserie liégeoise a été perturbé pendant une dizaine de jours à la fin de l'été passé en raison d'une grève de la FGTB.

"Si des travailleurs décident de se mettre en grève, c'est bien parce qu'il y a des problèmes et que le management n'est pas étranger au climat qui peut exister dans l'entreprise", confirme le syndicat socialiste. "Le conflit a laissé des traces des deux côtés, précise Patrick Rehan. Depuis septembre, c'est plus compliqué et nous souhaitons d'abord retrouver un climat serein."

Selon le syndicat, "le site de Jupille a toutes les capacités pour répondre à l'augmentation du volume de production. D'ailleurs, la production de Stella pour l'exportation aux Etats-Unis avait été transférée à Jupille en 2016 pour répondre à la demande croissante".

Une première réunion entre direction et syndicats est prévue jeudi.