Et si Dexia était attaquée comme ABN Amro ? Cette question, posée hier à l'assemblée générale du groupe franco-belge à Bruxelles, trahit l'inquiétude de certains quant à l'avenir de Dexia.

Pierre Richard, le président du conseil d'administration de la banque, a tenté de rassurer les actionnaires. "Il est vrai que personne n'est à l'abri d'une agression", a-t-il répondu. "Mais nous sommes bien placés pour y faire face. Nous avons un actionnariat stable et puissant qui soutient la stratégie du groupe. La meilleure réaction à l'éventualité d'une offre hostile est donc d'avoir un plan stratégique à dix ans ambitieux tel que le nôtre. Ce qu'il faut retenir de ces événements (la bataille pour l'acquisition d'ABN Amro, NdlR : lire ci-dessous) , c'est qu'une entreprise n'est pas l'autre. Chacune a sa propre spécificité. ABN Amro est différente de Dexia."

La Turquie ? "C'est l'avenir"

Questionnés sur de nombreux autres sujets, les dirigeants du groupe franco-belge ont répondu posément à toutes les interrogations des actionnaires réunis dans l'auditorium du Passage 44. "Les déboires qu'a connus la banque aux Pays-Bas (Dexia y avait vendu des produits financiers juste avant la sévère correction des marchés boursiers et de nombreux clients avaient assigné la banque en justice pour défaut d'information, NdlR) ne justifieraient-ils pas une sanction au niveau des rémunérations du comité de direction du groupe ?", a lancé un actionnaire.

"Nous considérons qu'Axel Miller (administrateur délégué de Dexia, NdlR) et Dirk Bruneel (responsable de Dexia aux Pays-Bas, NdlR) gèrent ce dossier au mieux", a répondu Pierre Richard. "Ce dernier a d'ailleurs joué un rôle important dans l'accord Duisenberg (l'ancien président de la BCE avait élaboré un plan d'indemnisation des clients lésés, NdlR) . Il n'y a donc aucune raison de grever leur rémunération de 2006."

Un actionnaire s'est inquiété de la somme que toucherait Axel Miller en cas de départ anticipé. "Dans ce cas, Axel Miller, ainsi que d'autres membres du comité de direction, a droit à une indemnité égale aux rémunérations fixes (725000 euros bruts en 2006 pour Axel Miller, NdlR) et variables (989630 euros bruts en 2006 pour le patron de Dexia, NdlR) correspondant à une période de 24 mois, comme précisé dans le rapport annuel", a expliqué Pierre Richard. "Il n'y a aucune autre condition particulière." Interrogé sur l'acquisition de la banque turque Denizbank "alors que la Turquie n'entrera peut-être jamais dans l'Union européenne", Axel Miller a répondu que l'investissement était motivé par le rôle économique que la Turquie est appelée à jouer à l'avenir dans la zone géographique - et non politique - européenne.

Par ailleurs, l'assemblée générale a nommé définitivement Augustin de Romanet de Beaune comme administrateur pour 4 ans. Il avait été nommé provisoirement en remplacement de Francis Mayer, administrateur décédé en décembre auquel Pierre Richard a rendu hommage. Enfin, l'assemblée générale a également nommé Jacques Guerber comme administrateur pour 4 ans et a renouvelé le mandat d'administrateur de Guy Burton pour la même durée.