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Le géant suisse du négoce des matières premières Glencore a annoncé mercredi la suspension pour deux ans au moins des activités de la mine de cuivre et de cobalt exploitée par sa filiale Mutanda Mining (Mumi) près de Kolwezi, dans la province du Lualaba (sud-est de la République démocratique du Congo), affirmant qu'elle "n'est plus économiquement viable à long terme".

Cette année, le cobalt, prisé par les fabricants de batteries, de téléphones portables et de tablettes, a perdu plus de 40% de sa valeur, retombant à son plus bas niveau depuis septembre 2016, soit 25.500 dollars la tonne, au grand dam de l'industrie minière.

La Mumi est le premier producteur mondial de cobalt, qui est extrait du cuivre, et constitue l'un des principaux actifs de Glencore en RDC. L'an dernier, cette mine à ciel ouvert a produit près de 200.000 tonnes de cuivre et plus de 27.000 tonnes de cobalt, soit un cinquième de l'approvisionnement mondial de ce métal.

La direction de l'entreprise affirme, dans une lettre au personnel dont l'agence Belga a obtenu une copie, que "malheureusement, en raison de la baisse importante du prix du cobalt, de la hausse de l'inflation sur les coûts de certains de nos intrants (principalement l'acide sulfurique) et des taxes additionnelles imposées par le code minier (congolais, ndlr), la mine n'est plus économiquement viable à long terme".

Le nouveau code minier, promulgué en mars 2018 par le président congolais de l'époque, Joseph Kabila - en dépit des protestations des entreprises du secteur, instaure une redevance avec le taux de 10% pour les "métaux stratégiques", notamment le cobalt. L'ancien code prévoyait un taux de 2% pour le cuivre et le cobalt. Le nouveau code prévoit aussi une taxe de 50% sur les super-profits, des revenus engrangés grâce à un niveau des prix de 25% supérieurs aux études de faisabilité bancaire.

Le directeur général de Glencore, le Sud-Africain Ivan Glasenberg, a promis mercredi que les quelque 3.000 collaborateurs locaux de Mutanda continueront à être employés aux tâches de maintenance et d'entretien. "Le maintien des emplois locaux constituerait un avantage indéniable dans la perspective d'une réouverture", a ajouté le PDG du groupe lors d'une téléconférence à l'occasion de la présentation des résultats semestriels.

Glencore étudie en effet la viabilité économique et technique d'un nouveau projet, destiné à offrir pour une vingtaine d'année une seconde vie à la mine de Mutanda. La firme doute d'une réouverture des infrastructures avant 2021, d'autant que l'épineuse question du nouveau code minier n'a toujours pas trouvé d'issue à son goût.

Le groupe suisse avait déjà annoncé en février dernier une réduction "provisoire" de la production de cuivre et de cobalt dans sa mine de Kolwezi et la suppression de quelque 2.000 postes de travailleurs auxiliaires employés par Mutanda Mining.

Au total, à pleine capacité, la mine est susceptible d'emploier près de 7.500 personnes.