© AP

Entreprises & Start-up

En route vers les 90 dollars !

Publié le - Mis à jour le

Les cours du pétrole ont atteint des sommets jeudi, aussi bien à New York qu'à Londres. A la clôture, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le prix d'un baril de "light sweet crude" pour livraison en novembre prenait 2,23 dollars à 88,63 dollars par rapport à la veille. Un peu plus tôt dans la soirée, il avait grimpé jusqu'à 89,69 dollars, soit un plus haut historique. Record également à Londres, où le baril de Brent de la Mer du Nord pour livraison en décembre a pris 1,48 dollars à 84,61 dollars, après avoir effacé auparavant sa précédente marque de référence (84,49 dollars), en montant à 84,78 dollars le baril.

Les analystes tablent sur une poursuite de l'escalade des prix pétroliers, avec le seuil des 90 dollars en ligne de mire à New York. Selon eux, la tendance de hausse des cours "reste bien en place". Mais "il y a un risque que nous assistions à quelques jours de correction, avant que la tendance à la hausse ne refasse surface". En à peine plus d'une semaine, les cours de l'or noir ont engrangé plus de 10 pc à Londres, et plus de 12,5 pc à New York, pour culminer à des niveaux jamais vus. Ils ont progressé pendant six séances consécutives avant de baisser légèrement mercredi. Alors que les opérateurs prenaient encore une partie de leurs bénéfices jeudi, les facteurs qui ont dopé les cours jusqu'à présent restent bien présents. En toile de fond, le marché s'inquiète toujours de l'étroitesse de l'approvisionnement à l'approche de l'hiver dans l'hémisphère nord, qui marque un pic de consommation, de produits de chauffage en particulier. Les stocks américains de brut sont en baisse de près de 4 pc sur un an, et ceux de produits distillés (qui incluent le diesel et le mazout de chauffage), en baisse de plus de 7 pc. Comme l'a souligné récemment l'Agence internationale de l'Energie, les stocks pétroliers des pays de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques sont à un niveau précaire. Et malgré les appels du pied des pays consommateurs, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui s'apprête officiellement à mettre 500 000 barils par jour de plus sur le marché à partir du 1er novembre, ne semble pas disposée à faire beaucoup plus (voir par ailleurs). A cela s'ajoute une nette escalade des tensions géopolitiques. D'une part, le Parlement turc a donné à son gouvernement les moyens d'agir militairement de l'autre côté de la frontière avec l'Irak, pour déloger de leurs bases les rebelles du Parti des travailleurs kurdes (PKK). D'autre part, le président américain George W. Bush a évoqué "un risque de "troisième guerre mondiale" au cas où l'Iran parviendrait à se doter de l'arme nucléaire.

Pour les experts, le "facteur peur" est objectivement exagéré, mais son impact sur les marchés ne peut être sous-estimé. Les déclarations de M. Bush, comme celles du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qui avait parlé en septembre de "guerre" avec l'Iran, "font partie de la guerre psychologique livrée avec l'Iran, mais se traduisent bien par une prime de risque dans les prix du pétrole", avancent-ils.

A lire également

Libre ECO

Immobilier pour vous