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La proportion de ménages disposant d'une connexion Internet haut débit est bien plus élevée en Flandre qu'en Wallonie. Un déséquilibre qui s'explique bien sûr par la différence de pouvoir d'achat entre les deux régions, mais aussi par la concurrence qui fait rage depuis une dizaine d'années au nord du pays entre Belgacom et Telenet, la société issue de la fusion des câblos flamands.

Née d'une volonté politique au départ, cette dernière s'est muée au fil du temps en un rival de poids pour Belgacom, avec plus de 800 000 clients Internet, 450 000 clients dans la téléphonie fixe et près de 250 000 abonnés à son offre de télévision numérique, soit les trois composants de ce qu'on appelle le "triple play".

En Wallonie, cela fait des années que les câblos se disent que ce serait une bonne chose de susciter le même genre de dynamique. Mais à cause d'atermoiements liés à la fois au retard technologique de certains petits câblos, à la politisation extrême du dossier et à une certaine réticence d'Electrabel (par le biais des intercommunales mixtes), leur rapprochement a pris beaucoup plus de temps que prévu. Paradoxalement, c'est Belgacom qui aura finalement été l'élément déclencheur de la fusion en venant marcher sur les plates-bandes des câblos avec son offre Belgacom TV...

Deux ans plus tard, le grand câblo wallon - baptisé Voo - semble enfin prendre forme sous l'impulsion du tandem ALE-Brutélé. Certes, la façon dont ces deux derniers ont pris le contrôle des autres câblos n'a pas toujours été très catholique - évincé, Telenet pourrait d'ailleurs se tourner une nouvelle fois vers le Conseil d'Etat - mais c'est surtout le résultat qui compte : d'ici quelques mois, l'ensemble des citoyens wallons devraient pouvoir avoir accès à une offre "triple play" par le câble (téléphonie, télévision, Internet), comme le propose déjà Belgacom par le biais de l'ADSL. Laquelle des deux sera la plus compétitive ? Ce sera aux consommateurs de le déterminer. L'important est qu'ils auront enfin une véritable alternative.

Espérons également que la constitution d'un "Telenet wallon" donnera lieu, comme ce fut le cas en Flandre au cours de ces dernières années, à la création de plusieurs centaines de nouveaux emplois directs et indirects. Du côté de l'ALE et de Brutélé, on promet en tout cas qu'il n'y aura pas de suppressions d'emplois. Il est vrai qu'il reste beaucoup de pain sur la planche...