Thierry Saegeman, le patron des activités nucléaires d’Engie Electrabel, a enregistré une vidéo à l’attention de son personnel.

Cette communication intervient alors que le gouvernement fédéral a confirmé la sortie du nucléaire en 2025. Pour rappel, une évaluation sera faite, fin 2021, afin de vérifier s’il est bel et bien possible de se passer de Doel 4 et Tihange 3, les deux seules centrales qu’Electrabel souhaite prolonger.

L’énergéticien a toujours affirmé que la décision de prolonger ces deux réacteurs devait intervenir pour fin 2020, au plus tard. Sinon, il ne sera pas possible de réaliser dans les délais les travaux nécessaires à la prolongation. La nouvelle législation prévoit en effet que l’ensemble des travaux doit être réalisé avant la prolongation, ce qui n’était pas le cas lorsque Doel 1 et 2 ont été prolongés.


Changement de cap

Dans sa communication au personnel des centrales nucléaires, Thierry Saegeman affirme que "cette position très ferme du gouvernement nous oblige à nous préparer pour un changement de cap".

Selon lui, Electrabel ne peut investir des millions d’euros, rien qu’en 2021, "sans être sûr de générer un retour sur investissement".

En conséquence, Thierry Saegeman annonce qu’il doit maintenant focaliser toutes ses ressources "en personnel et matériel en vue de la préparation à la mise à l’arrêt définitive et du démantèlement de nos sept unités".

Malgré ce changement de cap, Thierry Saegeman ne ferme pas pour autant la porte à une éventuelle prolongation du nucléaire en dernière minute…

"Si, fin 2021, le gouvernement décidait finalement de garder les centrales, nous évaluerons la situation à ce moment-là et évaluerons ce que nous serons capables de faire ou non, à ce moment-là", déclare-t-il.

Bref, la porte n’est qu’à moitié fermée. Voilà une communication qui ressemble à un gros coup de pression envers la Vivaldi.

Rappelons qu’Engie Electrabel tablait jusqu’à présent sur une prolongation de vingt ans de Doel 4 et Tihange 3. C’est ce qu’il indique noir sur blanc dans son rapport d’activité consolidé 2019. Et cela malgré la loi de sortie du nucléaire.

"Tous les scénarios envisagés"

Contactée, la porte-parole d’Engie indique que le groupe a le devoir de se préparer à la sortie du nucléaire. "Nous travaillons sur tous les scénarios, y compris la sortie du nucléaire, indique Anne-Sophie Hugé. Nous sommes des légalistes, nous devons tenir compte du cadre légal actuel."

La porte-parole d’Engie indique que le groupe reste à la disposition des autorités. Au cas où le gouvernement changerait d’avis…