On savait déjà que le groupe français Engie menait une "revue stratégique" de ses activités "solutions clients".

Une façon feutrée de dire qu’il compte se désengager de la majeure partie de ce pôle d’activités, qui représentait 35 % de son chiffre d’affaires en 2019. Ce désengagement pourrait se traduire par une mise en Bourse des activités non prioritaires, ou par une vente pure et simple à un ou plusieurs acteur(s) intéressé(s).

À l’occasion de la présentation de ses résultats trimestriels, Engie a précisé quelles activités allaient rester dans son giron et celles dont la "propriété pourrait changer".

Il conserve les réseaux urbains de chaleur et de froid, les "smart cities", la mobilité verte… En gros, l’énergéticien se concentre sur les activités bénéficiant de contrats de longue durée et dont les résultats sont peu impactés par la conjoncture économique.

Les activités moins complexes, comme les installations électriques, de chauffage, de climatisation, ou de ventilation, font partie de l’ensemble qui sera vendu ou mis en Bourse.

En 2018, le groupe Engie employait 160 000 personnes dans le monde. Environ 109 000 emplois font partie du segment "solutions clients". Au sein de ce segment, les activités conservées représentent un chiffre d’affaires compris entre 7 et 8 milliards d’euros et environ 35 000 emplois.

Au sein du segment "solutions clients", les activités cédées (ou mises en Bourse) représentent un chiffre d’affaires compris entre 12 et 13 milliards d’euros, et environ 74 000 emplois. Ces emplois touchés sont principalement situés en Europe : France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni, mais aussi en Amérique du Nord.

Electrabel pas concerné

En Belgique, environ 9 600 emplois (sur 17 000) sont concernés par la restructuration des activités d’Engie. Il s’agit du personnel engagé par les entités Cofely, Axima et Fabricom.

En revanche, Electrabel, Tractebel, ou le laboratoire Laborelec ne sont pas concernés. En gros, les centrales nucléaires, les centrales à gaz, le renouvelable, la fourniture d’énergie, la mobilité électrique, et l’hydrogène ne sont pas touchés par la réorganisation d’Engie en Belgique.

La porte-parole d’Engie Belgique indique que l’objectif est de conserver les 9 600 emplois dans un même ensemble. Mais la question de son actionnariat doit encore être tranchée. Les syndicats seront consultés en début d’année prochaine, avec pour objectif d’aboutir mi-2021 à une réorganisation.

Comme prévu, le groupe français veut monter en puissance dans les énergies renouvelables et les grandes infrastructures. Engie veut notamment se développer dans le transport de gaz à l’étranger, les réseaux de froid et de chaleur, l’éclairage des routes, ainsi que les bornes de recharge de voitures électriques. Pour investir davantage dans ces métiers, il met en vente d’autres activités jugées moins stratégiques. Il reste à voir comment les choses vont évoluer d’un point de vue social…