Libre Eco week-end | La start-up de la semaine

"On s’adresse à toute entreprise qui souhaite se meubler de façon écoresponsable", lance Aissa Laroussi, cofondateur et CEO de Enky. Changer la façon dont les organisations achètent et consomment le mobilier de bureau, voilà la mission de cette jeune pousse. Et lorsque l’on dit jeune, ce n’est pas exagéré puisqu’elle n’a que quelques mois.

Fondée fin 2019, la start-up est le fruit d’une réflexion de son CEO, un passionné de mobilier et de design intérieur. "Lors de mes précédentes expériences professionnelles, j’ai souvent été confronté à ce problème d’investissement en mobilier et au budget conséquent que cela pouvait représenter", confie Aissa Laroussi. Celui-ci s’est également rendu compte que la plupart des gens ont tendance à privilégier les produits de faible qualité afin d’éviter des investissements élevés, tout en négligeant les externalités environnementales. "J’ai donc voulu créer une sorte de SaaS (Software as a Service) en produits physiques, qui alliait ma passion du design avec mon intérêt pour l’environnement."

En moyenne, dix millions de tonnes de meubles sont jetées chaque année en Europe. "Du gaspillage", résume le CEO. Chez Enky, les meubles et fournitures sélectionnés répondent à des critères de durabilité très stricts. "Ce que l’on propose est produit localement."

Flexibles et écologiques

La start-up propose des solutions d’ameublement "flexibles et durables" de meubles ergonomiques et haut de gamme, soit via l’achat circulaire, soit via une location de mobilier par abonnement.

Dans les deux cas, Enky s’engage à racheter, après un délai déterminé, l’entièreté ou une partie de la commande selon un prix fixé à l’avance. "Tous les meubles que nous récupérons sont rénovés et remis sur le marché", assure Aissa Laroussi. "Ce système de rotation permet d’allonger la durée de vie de nos produits et contribue, de fait, à freiner l’abondance de déchets de mobilier."

La location prévue par la start-up permet, quant à elle, d’acquérir des meubles grâce à un abonnement (disponible à partir de 39 euros par mois, mais dont le prix varie selon les produits sélectionnés et la durée de celui-ci). Le paiement est mensuel de telle façon à "lisser le coût de l’acquisition dans le temps."

Nouvelle sur le marché, Enky s’est adaptée à la crise en proposant une offre home office. Il s’agit d’un pack mobilier, sous forme d’abonnement, qui regroupe "tout ce dont une équipe a besoin pour travailler à la maison de manière efficace". Tables, chaises, accessoires de bureau… L’ensemble est mis à disposition du salarié . "C’est l’explosion du télétravail qui nous a inspiré cette offre, souligne le CEO. C’est un phénomène qui va s’inscrire dans la durée, c’est quelque chose qu’on veut développer davantage". Le développement de cette nouvelle offre sera donc affiné dans les mois à venir.

Bien qu’elle n’ait pas - ou très peu - de concurrence sur le marché, Enky n’avance pas seule. Elle s’est déjà associée à Kymono, une start-up qui propose aux sociétés de designer leurs bureaux selon l’identité de l’entreprise. "Le partenariat était assez logique, estime Aissa Laroussi. Ensemble on va réfléchir au design et à l’aménagement du bureau. C’est quelque chose d’important pour la productivité du travailleur."

Le nombre de clients n’est pas dévoilé, mais Enky a mis à disposition des entreprises 300 000 euros de mobilier entre sa création et le début du confinement. Cette "phase test" a pu être réalisée grâce à une levée de fonds de 700 000 euros auprès de Sambrinvest, de Seeder Fund et de quelques business angels.

La start-up est pour le moment active en Belgique et en France, mais "peut opérer à peu près partout en Europe", conclut le CEO.

Ce qu'il faut encore savoir sur Enky

Société : Enky, fondée par Aissa Laroussi.

Investisseurs : Sambrinvest, Seeder Fund et business angels.

Site : https://www.enky.com

Particularité : Aissa Laroussi, CEO, est passionné de design intérieur.