On a frôlé le dérapage incontrôlé mercredi matin à la Sabena. Furieux de voir leurs propositions rejetées par la direction de la Sabena, quelque 140 pilotes de la Sabena ont initié une grève sauvage à l'aéroport de Bruxelles-National. Sabena a dû annuler 55 vols européens sur 80. En fin de matinée, les pilotes suspendaient toutefois leur action. Geert Vertongen, le représentant de la BeCa (l'association belge des pilotes) a déclaré avoir reçu une proposition «défendable» de la part de la direction.

Quatre des revendications des pilotes auraient en effet été satisfaites. Le nombre d'avions serait ainsi maintenu à leur niveau actuel; un membre du personnel Sabena siégerait au futur comité de contrôle de l'AMP (société regroupant les activités commerciales de Swissair et Sabena); le lien contractuel avec Swissair serait maintenu, et les pilotes recevraient des actions en échange des «efforts d'économie» qu'ils doivent fournir. La possibilité de siéger aux CA de Sabena et de AMP leur aurait toutefois été refusée. En fin de soirée, pilotes et direction négociaient toujours. Et on ne s'attendait pas à de fumée blanche avant ce matin.

CONVENTIONS

Par ailleurs, mercredi, un accord sur le volet «emploi» concernant, cette fois, le personnel au sol et de cabine de la Sabena était en passe d'être signé. Il contient une série de mesures sociales destinées à éviter tout licenciement sec et à garantir un quota d'emplois. Ainsi, la réduction du volume d'emplois s'effectuerait via le recours à la prépension dès 52 ans qui devra quand même recevoir le feu vert de la ministre de l'Emploi et du travail , des départs volontaires ou encore des réductions du temps de travail.

Dans la soirée, les syndicats du personnel au sol et la direction ont entamé la discussion du second volet social du plan «Blue Sky», à savoir celui de la productivité et de la flexibilité. La tâche s'annonçait tout aussi ardue. «Il subsiste des points délicats, voire irréconciliables, car le personnel au sol affiche déjà un niveau de productivité très élevé»

Soulignait-on de sources syndicales. Du côté du personnel de cabine, les travaux étaient eux pratiquement terminés, le volet «productivité» quasi ficelé. Il prévoirait en autre, selon nos informations, le transfert vers Swissair d'un quota de personnel mais qui resterait sur le «payroll» belge.

Précisons que la conclusion d'un accord sur le volet «productivité» est indispensable pour la signature définitive du volet «emploi». Les deux «documents» devront après être coulés en une ou deux conventions collectives.

Les actionnaires n'en demanderont probablement pas autant. Reste que l'engagement des organisations syndicales et des pilotes devra être considéré comme assez «fort» pour qu'ils se prononcent en faveur de la continuité de l'entreprise. C'est aujourd'hui, jeudi, à la faveur d'une assemblée générale des actionnaires, que la SAirGroup et l'Etat belge doivent faire part de leur décision définitive sur la continuité ou la dissolution de la Sabena.

© La Libre Belgique 2001