EUROTUNNEL A ÉGALEMENT SOLLICITÉ LES INVESTISSEURS BELGES

lors de son introduction en Bourse en 1987. Le groupe franco-britannique entendait lever quelque 600 millions de francs belges (un peu moins de 15 millions d'euros) chez nous, ce qui devait porter la part belge du capital (7,7 milliards de francs français, soit 1,17 milliard d'euros) à un peu plus d'un pour cent. C'était évidemment très modeste par rapport au paquet d'actions vendues en France et au Royaume-Uni, alors qu'une tranche de 18 millions de titres était accordée aux places boursières étrangères.

C'est la Générale de banque (aujourd'hui Fortis, depuis la fusion avec la CGER) qui avait chapeauté l'opération dans notre pays. Deux jours après le lancement de l'offre, elle annonçait déjà des souscriptions «pour plusieurs dizaines de millions de francs belges». À l'époque, on envisageait le versement de dividendes dès 1994, «si tout va bien»... C'est que l'optimisme des dirigeants d'Eurotunnel, qui s'étaient spécialement déplacés à Bruxelles, était inébranlable. «Nous avons voulu lancer cet appel malgré la crise boursière», expliquait alors André Bénard. «Ce que nous offrons aux investisseurs, c'est d'entrer à prix coûtant dans l'ouvrage. C'est un type différent d'action.» Ceux qui se sont laissé tenter ont déjà déchanté quelques jours plus tard, quand l'action a perdu 25 pc à la Bourse de Paris. Mais ils se souviendront surtout de sa descente aux enfers dans les années 90.

© La Libre Belgique 2006