Frédéric Hannequart, directeur exécutif d’Euroclear et président du conseil d’administration d’Euroclear Bank a bien voulu tirer les leçons d’une année d’exception dans le monde financier. Le responsable de cette entreprise que l’on peut définir comme une infrastructure de marché permettant aux opérateurs financiers de dénouer des opérations sur titres sans procéder à des transferts physiques. C’est d’ailleurs plus que cela, puisque Euroclear group comprend aussi une partie bancaire notamment en raison des flux financiers qu’elle opère et des services annexes tels que l’octroi de crédits et le prêt-emprunt de titres.

"En 2008, nous avons évidemment subi, en tant qu’infrastructure de marché, les conséquences du ralentissement de l’activité sur les marchés boursiers et obligataires", nous explique Frédéric Hannequart sans nous donner un niveau de recul du chiffre d’affaires. "Et je ne crois pas que 2009 sera une meilleure année. En fait, nous n’attendons pas de réelle reprise avant fin 2009, début 2010" C’est intéressant, puisque cet acteur volontairement discret de la sphère financière est le reflet du dynamisme des affaires dans son secteur. Frédéric Hannequart a donc enregistré comme tout le monde le repli des opérations boursières, en valeur plus qu’en volume, et il a aussi noté le gel pendant plusieurs mois du marché obligataire. "En effet, mais ici, on a noté un sursaut ces deux dernières semaines avec un retour des émissions corporate en provenance notamment des Etats-Unis. De là à parler d’un redémarrage, il y a de la marge. Mais on sait que les Etats vont revenir en force en raison du besoin de financement des plans de relance." Quid de la crise de liquidités subie par le secteur bancaire pendant de longs mois ? "Pour ce qui nous concerne, cette crise de liquidités s’est traduite par une explosion de notre bilan. En effet, les opérateurs financiers ont replacé leurs liquidités auprès de la BCE (Banque centrale européenne) et chez nous. Nous sommes solides, et en termes de revenus, notre politique prudente sur le long terme nous permet de surmonter les difficultés d’un cycle. Cela réduit évidemment nos bénéfices en période normale."

Compte tenu de son activité spécifique et de sa gestion conservatrice, Euroclear gagnera de l’argent sur l’exercice qui se termine. Quid de la demande de dividendes de la part des banquiers, clients mais aussi actionnaires ? "Une part importante des bénéfices reste allouée aux développements de la structure. Les dividendes restent une partie relativement négligeable des revenus de nos actionnaires", conclut Frédéric Hannequart.