La Bourse de Bruxelles a annoncé mardi le lancement le 20 juin d'un nouveau segment de marché destiné aux petites et moyennes entreprises (PME), dénommé Alternext. On peut le distinguer de plusieurs manières du Premier marché rebaptisé Eurolist où sont cotées les grosses valeurs, et du Marché libre où ne figurent que les microcapitalisations. A commencer par la capitalisation boursière moyenne des entreprises ciblées qui va de 11 à 80 millions d'euros, le Marché libre ciblant les capitalisations de 4 à 16 millions et Eurolist, de 62 à plus de 2 milliards d'euros. Pour mieux situer la taille boursière des entreprises visées, Evadix qui est la première candidate à une cotation sur Alternext, aura une capitalisation boursière de quelque 23 millions d'euros, soit la moyenne des capitalisations d'entreprises cotées sur Alternext à la Bourse de Paris. A Paris, ce marché a d'ailleurs récolté un franc succès depuis son lancement avec 37 sociétés cotées pour une capitalisation cumulée proche de 2 milliards d'euros, de ce qui justifie certainement l'opération bruxelloise et, dans quelques semaines, le lancement d'un segment identique à Amsterdam.

Selon Olivier Lefebvre, membre du directoire d'Euronext il y a dans le lancement d'Euronext Bruxelles, une manière de combler un vide dans notre marché, «et surtout pour la place belge, de jouer son rôle d'outil de financement pour toute la gamme des entreprises»...

Sur le fond, Alternext se distingue aussi des autres segments de marché par ses critères d'admission. «On est plus proche ici d'un marché réglementé que du Marché libre qui ne l'est pas, par définition», a plaisanté Olivier Lefebvre. Alternext n'est, en effet, pas réglementé, mais plutôt régulé, puisque, comme l'a rappelé Jean-Paul Servais, vice-président de la Commission bancaire, financière et des assurances, «les entreprises cotées seront soumises au contrôle de la CBFA, et, si elles n'ont pas d'obligations aussi strictes que les entreprises cotées sur Eurolist, rien ne les empêche d'adopter une attitude proactive en matière d'information financière, de comptabilité, ou de transparence». Jean-Paul Servais a d'ailleurs rappelé la qualité des entreprises cotées sur le Marché libre, que ce soit en termes de rentabilité, de solidité bilantaire ou de répartition bénéficiaire en direction des actionnaires. «Lorsque des doutes subsistent à ce propos, cela apparaît clairement sur le prospectus d'introduction», a-t-il ponctué, insistant sur l'importance de ce document.

Pour accéder à Alternext par le biais d'une offre publique, les sociétés doivent exister depuis au moins deux ans, lever au moins 2,5 millions d'euros de capitaux, et se faire assister par un partenaire financier qualifié, le «Listing Sponsor». Pour l'heure, Degroof, Leleux Associated Brokers et ING, sont les seules institutions financières à disposer de cette reconnaissance spécifique. En outre, les entreprises doivent faire valider leur prospectus par la CBFA, ou un document d'information si l'offre n'est pas ouverte au grand public. Dans ce dernier cas, le montant minimum du flottant doit être de 2,5 millions d'euros, et de 5 millions si le placement privé a été effectué dans les deux ans qui précèdent l'admission sur Alternext. La cote des entreprises directement admises au terme d'un placement réservé ne sera pas ouverte au public.

© La Libre Belgique 2006