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Euronext repousse l'offre de Francfort

V.S. (avec AFP)

Publié le - Mis à jour le

Le New York Stock Exchange (NYSE) vient de prendre une très sérieuse longueur d'avance sur son rival Deutsche Börse, tous deux candidats au rachat d'Euronext, la plate-forme boursière née au début des années 2000 de la fusion des Bourses de Paris, Bruxelles et Amsterdam. Un avantage qui pourrait même s'avérer décisif.

On le sait, le NYSE -qui propose de mettre 8 milliards d'euros sur la table- a les faveurs du conseil de surveillance d'Euronext, soucieux de voir son «modèle», sa structure décentralisée et son autonomie préservés dans le nouvel ensemble. Mais dans la nuit de lundi à mardi, les dirigeants de la Deutsche Börse ont fait une ultime tentative pour changer le cours des événements en dévoilant les détails de leur offre. Sur le plan financier, la bourse allemande offre 8,6 milliards d'euros, dont 2 milliards en cash. Les synergies annuelles sont chiffrées à 300 millions d'euros, soit le double des estimations du patron d'Euronext, Jean-François Théodore, favorable à l'option d'un mariage transatlantique. Enfin, ultime concession, la Deutsche Börse propose que le patron d'Euronext prenne les commandes du nouveau groupe pendant les 18 premiers mois de son existence.

Mais cela n'aura pas suffi. La Bourse allemande vient clairement de perdre la première manche de cette bataille des Bourses. Lors de son assemblée générale, les actionnaires d'Euronext ont majoritairement rejeté hier le principe d'une fusion avec la Deutsche Börse dans le cadre d'une motion présentée par un fonds d'investissement. Certains actionnaires sont cependant montés au créneau: «Pourquoi ne pas laisser s'ouvrir une bataille boursière, faire monter les enchères et se décider ensuite?», a suggéré l'un d'eux, plusieurs autres déplorant un «manque de détails» sur les offres du NYSE et de Deutsche Börse.

«Le choix final reviendra aux actionnaires», a conclu Jean-François Théodore. Une nouvelle AG extraordinaire des actionnaires sera convoquée à cet effet. Si plusieurs fonds anglo-saxons pourraient jouer la carte européenne, la direction d'Euronext devrait pouvoir compter sur le soutien d'Atticus, le premier de ces fonds qui a changé son fusil d'épaule la semaine dernière ne se montrant plus opposé à la piste du NYSE, mais aussi d'investisseurs français comme Veolia et de deux groupes d'actionnaires français, composés de banques et de grands groupes cotés.

La Bourse allemande, elle, n'a cependant pas encore dit son dernier mot. «Nous sommes toujours convaincus qu'un rapprochement de Deutsche Börse et Euronext créera de la valeur et des bénéfices pour les actionnaires», a déclaré Reto Francioni, patron de la Deutsche Börse. Même si l'hypothèse d'une contre-offre hostile ne serait, dit-on en Allemagne, pas envisagée pour l'instant. Enfin, d'autres prétendants pourraient venir brouiller les cartes: Borsa Italiana, l'opérateur de la Bourse de Milan, discutera dans les prochains jours avec Euronext.

© La Libre Belgique 2006

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