Le nombre des passagers a augmenté de près de 10 pc et le chiffre d’affaires de 21 pc. Contrairement à Eurotunnel, la société qui gère le tunnel sous la Manche et à laquelle ses dirigeants paient d’importants péages, Eurostar, le train à grande vitesse qui relie Bruxelles, Paris et Lille à Londres, réalise de bons résultats.

Durant le troisième trimestre 2006, les rames Eurostar ont transporté 2,15 millions de passagers, soit une hausse de 9,9 pc par rapport à la même période en 2005. D’après le communiqué d’Eurostar, il s’agit d’un chiffre record, car il représente le plus grand volume jamais atteint au cours d’un troisième trimestre. Le chiffre d’affaires a connu une hausse de 21 pc, passant de 107,9 millions de livres à 130,4 millions de livres sterling. “Ce troisième trimestre a été exceptionnel pour Eurostar. Nous avons connu une forte augmentation du nombre de voyageurs, et en particulier des voyageurs d’affaires, qui continuent à privilégier Eurostar pour leurs déplacements à Londres”, a commenté Simon Montague, directeur de la communication d’Eurostar. Les ventes de billets d’affaires ont enregistré une hausse de 27 pc en volume. Eurostar indique que l’augmentation des tickets d’affaires résulte notamment du détournement des voyageurs de l’avion vers les rails.

Et le maintien de la SNCB ?

De juillet à septembre, le taux de ponctualité s’élève en moyenne à 91,4 pc. “Ce résultat, inclut un taux hebdomadaire record de 98 pc pour l’une des semaines de septembre, reste supérieur à ceux obtenus par les compagnies aériennes qui opèrent sur les liaisons Paris-Londres et Bruxelles-Londres”, indique le communiqué. Eurostar risque encore de piquer bien des voyageurs aux compagnies aériennes opérant entre les trois capitales dès l’automne 2007. En effet, suite à la construction du second tronçon de la ligne à grande vitesse britannique, les temps de trajets seront encore réduits. Ils seront ramenés à respectivement 2h15 minutes entre Paris et Londres (actuellement 2h35), 1h20 minutes entre Lille et Londres et 1h51 minutes entre Bruxelles et Londres (contre 2h20 actuellement). Même si Eurostar Group affiche de bons résultats et espère en engranger davantage à l’avenir (voyageurs en hausse, péages du tunnel sous la Manche en baisse, etc.), ses comptes annuels demeurent dans le rouge. Et se pose toujours la question du maintien de la SNCB dans son capital. Selon nos informations, les discussions se poursuivent toujours. Mais des observateurs redoutent une sortie des chemins de fer belges de l’aventure Eurostar. La SNCB détient environ 5 pc d’Eurostar et elle contribue pour environ 25 millions d’euros aux charges. Ce qui, vu la situation financière de la SNCB, ne peut pas durer. A moins de revoir les modalités de participation au sein d’Eurostar.