La justice française a avalisé lundi le plan de sauvegarde d'Eurotunnel qui prévoit la restructuration financière du groupe, permettant ainsi à l'exploitant du tunnel sous la Manche d'éviter définitivement le dépôt de bilan.

Le tribunal de commerce de Paris "arrête le plan de sauvegarde et désigne M. Jacques Gounon (le PDG du groupe, NdlR) pour exécuter le plan de sauvegarde", a annoncé la présidente du tribunal, Pierrette Rey.

Le tribunal de commerce, qui avait placé Eurotunnel sous sauvegarde judiciaire l'été dernier, donne au groupe 37 mois pour exécuter le plan avalisé par les créanciers d'Eurotunnel, qui prévoit de diviser par deux sa dette de 9 milliards d'euros et de créer une nouvelle société, Groupe Eurotunnel, via une offre publique d'échange de titres proposée aux actionnaires. La décision du tribunal est "exécutoire à titre provisoire", c'est-à-dire qu'elle prend effet immédiatement, a précisé la présidente du tribunal. "Une étape est désormais franchie", mais "il reste le plus difficile à faire", a-t-elle déclaré en s'adressant à Jacques Gounon. "En terme d'exploitation, c'est une société qui fonctionne bien", a également estimé Me Rey.

Le tribunal a annoncé qu'il déboutait les 33 demandes émanant de différents créanciers, qui estimaient que le tribunal de commerce n'était pas compétent pour décider du sort du groupe franco-britannique. Le PDG du groupe a exprimé de son côté sa "très, très grande satisfaction", ajoutant qu'"Eurotunnel est sauvé de la faillite".

"Nous allons travailler d'arrache-pied pour mettre en place la nouvelle structure dans les meilleurs délais", a-t-il ajouté à l'issue de l'audience.

Eurotunnel souhaite publier ses comptes 2005 et 2006 lors de la deuxième quinzaine de février. Le groupe franco-britannique avait été dans l'incapacité de publier ses comptes 2005 en raison de la procédure d'alerte lancée début 2006 par ses commissaires aux comptes. Selon M. Gounon, les comptes 2005 seront "évidemment largement déficitaires car basés sur l'ancienne structure de la dette", tandis que ceux de 2006 seront "très satisfaisants".

Il a dit aussi avoir "bon espoir" de lancer l'offre publique d'échange (OPE) fin février, début mars. M. Gounon a encore précisé que les dispositions du plan de sauvegarde lui permettaient de ne "pas payer" les intérêts 2006 de la dette dus aux créanciers obligataires. A partir du 1er janvier 2007, les intérêts dus aux différents créanciers seront payés "sur la base de la nouvelle dette", soit un peu plus de 4 milliards d'euros et non plus 9 milliards, a-t-il ajouté.

A l'attention des actionnaires, dont certains se sont montrés critiques à l'égard du plan de sauvegarde, M. Gounon a prévenu que "toute critique, toute contestation, tout retard, dans la mise en oeuvre du plan coûtera très cher à l'entreprise et donc leur coûtera très cher". (AFP)