La direction de l'exploitant du tunnel sous la Manche, Eurotunnel, menacé de dépôt de bilan, s'est entretenu hier après-midi avec ses créanciers pour trouver un accord sur le refinancement de sa dette, faute de quoi le groupe franco-britannique n'échappera pas à la voie judiciaire.

Pour éviter d'aller devant la justice, la direction d'Eurotunnel espère convaincre la totalité de ses créanciers du bien fondé de son plan de refinancement, qui a déjà reçu l'aval des prêteurs majoritaires fin mai mais que les porteurs d'obligations rejettent en bloc.

Quoi qu'il arrive à la société qui exploite le tunnel sous la Manche, le tunnel lui-même ne sera pas fermé et navettes et trains Eurostar continueront à circuler.

Si aucun consensus entre Eurotunnel et ses créanciers n'est trouvé avant mercredi minuit, fin du délai légal qui autorise le groupe à négocier sa dette de 9 milliards d'euros, le PDG Jacques Gounon a déjà indiqué que le dépôt de bilan était la seule solution, une option qu'une partie de ses créanciers refuse de considérer comme inévitable.

Le dépôt de bilan peut alors entraîner la liquidation judiciaire et le licenciement des salariés, une option peu probable, compte tenu de l'importance politique et sociale du tunnel sous la Manche, estime un avocat d'affaires ayant requis l'anonymat. La liquidation ferait tout perdre aux créanciers, ajoute-t-il. Le juge peut aussi placer Eurotunnel en redressement judiciaire, avec maintien de l'activité, gel du paiement des dettes et désignation d'un administrateur pour gérer l'entreprise. A l'issue de la période de redressement, Eurotunnel peut bénéficier d'un plan de continuation de l'activité ou encore voir ses actifs vendus pour une bouchée de pain.

Autre procédure judiciaire possible pour Eurotunnel: le «plan de sauvegarde», à savoir la désignation d'un juge médiateur qui tentera de convaincre toutes les parties de s'accorder.

© La Libre Belgique 2006