On se bouscule déjà aux portes d'Alternext. La première à les franchir sera vraisemblablement l'entreprise Evadix, spécialisée dans l'imprimerie, le marketing direct et la logistique. Evadix est un groupe belge né en 2000, lors de l'achat des éditions Casterman par le Français Flammarion. A ce moment, la filiale de distribution est condamnée. Pascal Leurquin, alors directeur de cette division, décide de la racheter, avec l'aide de quelques cadres. Aujourd'hui, il est à la tête d'une entreprise qui génère un chiffre d'affaires de 31,515 millions d'euros et un résultat net de 419 000 euros. Pourquoi veut-il entrer en Bourse? «Dernièrement, nous avons effectué de gros investissements», explique Pascal Leurquin. «Nous avons acquis une nouvelle rotative pour notre filiale Casterman Printing, nous avons repris une imprimerie en Roumanie et nous avons acheté une société spécialisée dans la fabrication d'étiquettes.» Ces investissements grèvent la capacité financière du groupe pour l'exercice à venir, ce qui justifie la recherche de capitaux en Bourse. «Nous espérons lever 5 millions d'euros, en augmentant le capital social», précise Pascal Leurquin. La période de souscription commence dès aujourd'hui et se clôturera au plus tard le 14 juin, sous réserve, en cas de sursouscription, d'une clôture anticipée qui peut survenir au plus tôt après 3 jours ouvrables. La première négociation sur Alternext aura lieu 4 jours ouvrables après la clôture de la souscription. Le prix de l'offre est fixé à 7,7 euros par action, ce qui valorise le groupe à 18 millions d'euros avant l'augmentation de capital liée aux actions offertes.

«Segments complémentaires»

Un autre candidat à la cotation sur Alternext fourbit ses armes. Il s'agit du groupe De Rouck Geomatics, issu de la fusion entérinée il y a peu entre les sociétés De Rouck et Geomatics, spécialisées respectivement dans la cartographie et les systèmes de localisation géographique. La direction du nouvel ensemble a présenté hier les motivations de cette fusion, tout en évoquant une future cotation sur Alternext. «Les raisons de la fusion sont avant tout rationnelles et économiques», explique Alain van Gelderen, membre du comité de direction de De Rouck Geomatics. La société De Rouck possède une expertise inégalée en Belgique dans la cartographie, qu'elle a récemment développée sur les supports modernes que sont les CD-Rom et le GPS. Geomatics, de son côté, est spécialisée dans la localisation géographique des véhicules professionnels («fleet management») et des travailleurs isolés, des services qui s'adressent avant tout aux entreprises, alors que les produits De Rouck sont davantage orientés vers les particuliers. «Il y a là deux segments très complémentaires», souligne Serge Derycke, également membre du comité de direction du groupe fusionné. L'introduction en Bourse devrait avoir lieu en juin mais aucune date ne peut être communiquée avant l'approbation du prospectus par la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA). Pourquoi entrer sur Alternext? «L'objectif est de financer notre stratégie en matière de GPS et de «fleet management» car ce sont deux produits qui se vendent sur lesquels nous voulons mettre l'accent car les technologies sont matures», précise Alain van Gelderen. Pourquoi avoir choisi ce segment d'Euronext et non le marché libre? «Il existe une différence fondamentale entre les entreprises à forte croissance qui ne veulent pas attendre trois ans avant de trouver des capitaux frais et celles qui, plus mûres, bénéficient déjà d'une certaine reconnaissance et procèdent à une publication bilantaire», précise Marco Mennella, de la société de Bourse Leleux qui gère l'introduction en Bourse de De Rouck Geomatics.

Enfin, en France, l'opérateur téléphonique «low-cost» Budget Telecom a annoncé hier son intention d'accéder à Alternext Paris afin «de financer le développement de nouvelles offres (ADSL, MVNO) sur ses marchés de niches et de réaliser des opérations de croissance externe.» Les candidats à la cote ne manquent donc pas.

© La Libre Belgique 2006