Galapagos, jeune entreprise biotechnologique déployant ses talents à l’ombre de Saint-Rombaut, a conclu des contrats de recherche en sous-traitance avec les plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux : Glaxo Smithkline, Janssen Pharmaceutica, Eli Lilly, Merck&C°, et tout dernièrement Roche. Mais elle entend aussi travailler davantage pour compte propre, à ses propres risques et avec son propre financement. Il y a là un changement de stratégie qui sera exposé aux "roadshows" organisés à Bruxelles et à Paris, respectivement les lundi 1er février et mardi 2. L’entreprise voit grand, au départ de son activité actuelle qui a trois axes : la recherche à façon, rémunérée par des avances des sociétés ayant passé commande; la recherche pour compte propre; et enfin les services aux firmes, par exemple la réalisation d’analyses.

Galapagos a été introduite à la cote de la Bourse de Bruxelles en mai 2005 à 7 euros l’action. Elle a grimpé jusque 11,95 euros en mars 2006, puis a entamé une traversée du désert, à 2,85 euros au plus bas en octobre 2008. C’est que les investisseurs boursiers sont des gens impatients. Or, la mise au point de produits tels que ceux de Galapagos demande beaucoup de temps.

Aujourd’hui cependant, trois de ses molécules sont arrivées en phase clinique, et le cours a vivement remonté aux environs de 10 euros. Le résultat net par titre a été légèrement négatif en 2006 comme en 2007 et 2008. Il le sera encore pour 2009, si l’on en croit le consensus, qui le voit à -0,39 euro. Le chiffre réel en sera communiqué le 5 mars. Ce qui stimule la Bourse, c’est que cette année-ci l’on devrait enfin sortir du rouge, à 0,10 euro selon le consensus. Déjà, la division "services" est bénéficiaire depuis deux ans. Vendredi, Galapagos a d’ores et déjà annoncé que son chiffre d’affaires atteindrait au moins 100 millions d’euros, soit une croissance de plus de 30 % par rapport à 2008.

Aussi, sur 3 analystes suivant la valeur, 2 sont à l’achat et le troisième dit de conserver. Jan De Kerpel, de KBC Securities, justifie son rating acheteur en parlant d’un progrès continu dans le "pipeline" de découverte de médicaments, de flot récent de nouvelles alliances, et de rentabilité croissante de la division des services.

Certes, le risque d’une société comme Galapagos n’est pas négligeable mais, toujours selon De Kerpel, il a diminué avec l’arrivée de trois molécules en phase clinique. Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, Galapagos aimerait développer des médicaments destinés aux maladies orphelines et rares. Soulignons aussi les résultats encourageants d’une molécule combattant les métastases.