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Lockheed Martin tiendra sur le long terme toutes les promesses de retombées économiques faites à la Belgique dans le cadre de l'achat de 34 avions de combat furtifs F-35, ont assuré mercredi deux hauts responsables de ce groupe américain de défense et de sécurité, en réponse aux inquiétudes des industriels belges qui se plaignent régulièrement "de ne rien voir venir". 

"Les partenariats en Europe sont essentiels au succès du F-35", a affirmé la vice-présidente de Lockheed Martin pour l'aéronautique, Michele Evans, lors d'une rencontre avec quelques journalistes en marge de la 53e édition du Salon international de l'Aéronautique et de l'Espace (SIAE) qui se tient toute cette semaine au Bourget, près de Paris.

Elle a rappelé que 25% de la valeur de chaque F-35 étaient "produits en Europe" par 652 sous-traitants dans 26 pays, ce qui représente plus de 20.000 emplois. "Ces nombres vont croître", a ajouté Mme Evans en soulignant que les quelque 800 Lightning II - notamment américains - qui seront basés en Europe nécessiteront du soutien logistique, avec la création envisagée de dépôts et de centres d'entretien. S'y ajouteront à terme des modernisations au fur et à mesure de l'émergence de nouveaux développements technologiques, a-t-elle dit.

"Nous remplirons nos obligations dans chaque pays" client de cet appareil, a renchéri un autre vice-président de Lockheed Martin (LM), Richard Edwards.

"Lockheed Martin n'est pas une entreprise qui dit 'nous allons faire tout cela' et ensuite ne donne rien", a-t-il dit en réponse à une question de l'agence Belga.

"Cela se passe dans le monde. Cela ne se passera pas avec nous", a promis M. Edwards.

Le gouvernement Michel a décidé le 25 octobre dernier de commander 34 F-35 pour remplacer les F-16 belges vieillissants à partir de 2023 en réclamant des "retours sociétaux" (un concept plus large que les retombées économiques).

Selon le ministre - désormais démissionnaire - de l'Economie, Kris Peeters, cet achat pour un montant de 3,8 milliards d'euros doit engendrer un "retour économique important de 3,69 milliards d'euros pour les entreprises belges", réparti à raison de 50,4% pour des entreprises établies en Flandre, de 30,5% en Wallonie et de 19,1% en Région bruxelloise.

Mais les industriels wallons se plaignent fréquemment, ouvertement ou en privé, de la lenteur des discussions avec Lockheed et avec le motoriste américain Pratt & Whitney, qui fabrique le réacteur F-135 propulsant le chasseur furtif, et donc aussi de l'absence de concrétisation des promesses des deux groupes d'Outre-Atlantique. Et ils reprochent parfois au gouvernement d'avoir mal négocié.

Mais la période de négociations entre les industries américaines et belges, d'une durée totale de 36 mois (pour certains aspects, comme le maintien en condition des F-35 lorsqu'ils seront en service), n'a débuté qu'en novembre, font observer deux sources gouvernementales et un industriel sous le couvert de l'anonymat.

Finalement, "nous obtiendrons plus que ce qui est prévu", a assuré une source gouvernementale à l'agence Belga, rappelant que le gouvernement avait réservé 277 millions d'euros pour aider financièrement le secteur aéronautique à répondre aux exigences de Lockheed et de P&W.

Et Lockheed assure que les contacts se poursuivent "de façon agressive", tout en admettant une certaine lenteur.

"Nous croyons que nous aurons un contenu plus que suffisant" pour les entreprises belges au fur et à mesure que les discussions progressent, a souligné jeudi Mme Evans.

"Nous allons absolument rencontrer nos engagements en Belgique", a-t-elle encore dit.

M. Edwards a pour sa part expliqué que les partenaires industriels du F-35 se devaient d'être compétitifs et fiables, dans l'intérêt du programme.

"Une fois que l'on vous prend, on ne peut pas vous laisser échouer", a-t-il ajouté.

"Les compensations (économiques à l'ancienne, souvent indirectes), c'est fini", a encore fait valoir le vice-président de Lockheed.