"Ce sont des revenus que n'aurions jamais dû avoir car ils étaient basés sur des fausses données", avait indiqué un employé dans un email interne, d'après les documents consultés par l'AFP.

Le géant des réseaux sociaux fait face depuis 2018 à une action de groupe en justice. Les plaignants affirment que les dirigeants de la plateforme savaient que sa mesure dite "Potential Reach" ou "portée potentielle" était gonflée, mais n'ont pas cherché à rectifier la situation pour ne pas perdre de revenus.

La société californienne tire l'écrasante majorité de son chiffre d'affaires de la vente d'espaces publicitaires ciblés à des annonceurs. Les prix varient en fonction de nombreux critères, à commencer par le nombre d'utilisateurs susceptibles de voir la campagne.

"Facebook savait que son Potential Reach était gonflé et trompeur. (...) Facebook savait que le problème était largement causé par des faux comptes et des doublons. (...) Des dirigeants ont empêché des employés de réparer le problème parce qu'ils pensaient que +l'impact sur les revenus (serait) significatif+", détaillent les plaignants.

Ils citent le manager du "Potentiel Reach" sur les revenus que Facebook "n'aurait jamais dû avoir" et un autre qui se demande "combien de temps nous pourrons nous en tirer avec la surestimation de la portée (d'audience)".

En mars 2019, le réseau social a changé sa mesure. La portée potentielle n'est depuis plus basée sur les utilisateurs actifs mais sur le nombre de personnes ayant vu une publicité sur l'un des produits de la firme lors des 30 jours écoulés.

Facebook n'a pas immédiatement répondu à une sollicitation de l'AFP.

En 2020, le groupe a réalisé près de 86 milliards de dollars de chiffre d'affaires, et dégagé plus de 29 milliards de profits, en hausse de 58%. D'après eMarketer, la famille de plateformes devrait atteindre les 96,6 milliards de revenus publicitaires nets en 2021, soit 24,4% du marché mondial.

Google, le numéro 1 de ce marché, et Facebook, le numéro 2, font face à des poursuites des autorités fédérales pour abus de position dominante.