On avait appris le 30 avril que le tribunal de l'entreprise de Mons avait prononcé la faillite de Durobor, la dernière gobeleterie de Belgique située à Soignies et qui employait 146 travailleurs. Deux curateurs ont été désignés et ils se sont rendus sur le site ce jeudi midi pour une rencontre avec les syndicats. Ils ont fait deux annonces importantes aux représentants du personnel.

La problématique du four

La première concerne le four de l'usine. L'outil a été maintenu en veille depuis la faillite car, s'il est arrêté, il ne peut plus être rallumé. Une veille permet d'envisager une poursuite de la production, soit afin d'honorer d'éventuelles commandes, soit au cas où un repreneur se manifesterait. Mais voilà, afin d'assurer son fonctionnement en toute sécurité, des électriciens sont indispensables. La Sogepa, actionnaire de l'entreprise à 48%, propriétaire des murs, des outils et de la marque Durobor, n'arrive pas à convaincre les électriciens de Durobor, particulièrement démobilisés comme le reste du personnel après des années difficiles et d'espoirs déçus, d'être réengagés sous contrat d'intérim pour faire le job. La situation pourrait toutefois se débloquer dans les heures qui viennent, apprend-on de source syndicale. Sinon, le four devra être éteint ce vendredi à 6h.

Ce scénario catastrophe serait particulièrement mal venu car deux candidats repreneurs se sont manifestés auprès des curateurs et de la Sogepa, annoncent Carl Yernaux, permanent CNE, et Stefano Fragapane, permanent FGTB. Leur identité n'est pas encore connue, pour des raisons de confidentialité des échanges. "Nous déplorons ce manque d'informations de la part de la Sogepa aux organisations syndicales car nous devons être en mesure de communiquer correctement aux travailleurs", pointe Stefano Fragapane.

Selon les informations publiées en fin d'après-midi par nos confrères de L'Echo, le nom d'un des possibles repreneurs est désormais connu. Il s'agit de Frédéric Willems, un homme d'affaires actif dans le secteur de la décoration du verre. Il souhaite reprendre l'atelier de décoration de Durobor et réengager une dizaine de travailleurs.

© AVPRESS

Production ou décoration ?

Selon le permanent du syndicat socialiste, l'un des deux candidats serait intéressé par une reprise de la production de verres, ce qui implique que le four doit rester allumé. L'autre, Frédéric Willems, donc, ne voudrait que lancer des lignes de décoration de verres et n'a donc pas besoin du four. Les choses devraient se préciser dans les jours qui viennent quant au sérieux des projets de reprise soumis aux curateurs.

Un autre problème n'est toujours pas réglé. Le dernier salaire des ouvriers de Durobor n'a toujours pas été payé, la banque BNP Paribas Fortis ayant bloqué l'argent pourtant disponible sur les comptes de l'entreprise. A ce stade, les curateurs n'ont pas trouvé le moyen de débloquer la situation.