Plus de la moitié des 1.300 employés restants en Allemagne chez Wirecard seront licenciés dans le cadre du démantèlement de la société financière, en faillite après la découverte d'une fraude gigantesque, a annoncé mardi l'administrateur judiciaire.

Au total, 730 personnes seront licenciées et 570 resteront au siège à Aschheim, près de Munich, a détaillé l'avocat Michael Jaffé, chargé d'organiser la procédure de liquidation officiellement ouverte ce jour par la justice.

"La situation économique de Wirecard était et reste extrêmement difficile en raison du manque de liquidités et des circonstances scandaleuses", a expliqué l'administrateur.

"Les mesures habituelles de restructuration et de réduction des coûts ne suffisent pas", a-t-il ajouté.

Les dirigeants ont également été remerciés "en raison de l'insolvabilité", selon le communiqué.

L'affaire Wirecard a éclaté en juin quand l'ancien membre du prestigieux indice boursier Dax des plus grandes entreprises allemandes, a avoué que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes n'existaient pas -- entrainant une chute de plus de 98% du cours de Bourse.

Son fondateur et ancien patron, l'Autrichien Markus Braun, et deux ex-directeurs sont en détention provisoire pour plusieurs chefs d'accusations, dont fraude. Car au-delà de l'argent volatilisé, la justice reproche aux dirigeants d'avoir "gonflé" dès 2015 le bilan en "inventant des recettes".

Désormais, M. Jaffé "négocie avec plusieurs partenaires intéressés" la vente des différentes parties de l'entreprise, dans l'objectif de dégager un maximum d'argent pour rembourser les créanciers.

La procédure concerne également la gestion de paiements, coeur de métier du groupe, et Wirecard Bank AG, une banque de droit allemand qui n'a pas fait faillite.

Un accord a été conclu vendredi pour céder la filiale brésilienne à un autre acteur du secteur, PagSeguro. La vente des activités en Amérique du Nord a "bien avancé" et "la liquidation pour d'autres filiales mondiales progresse", ajoute l'avocat.

Le dossier Wirecard rappelle celui d'Enron aux Etats-Unis au début des années 2000: le groupe texan, qui gonflait artificiellement ses profits et a fait faillite, masquait ses pertes et falsifiait ses comptes pour améliorer sa valeur boursière.

L'affaire Wirecard met également le gouvernement allemand sous pression: après l'audition de deux ministres fin juillet, des membres du cabinet d'Angela Merkel, la ministre de la Justice et des représentants du régulateur financier Bafin, accusé de ne pas avoir décelé le scandale à temps, sont convoqués fin août devant les députés allemands.