Interrogé en plénière, le Premier a confirmé que l’Etat irait devant les tribunaux pour récupérer sa créance.

Monsieur le Premier ministre, je ne peux que regretter que vous vous cantonniez à cet argumentaire juridique, et vous invite à prendre en considération les enjeux sociaux et éthiques qu’implique ce délicat dossier", a répliqué jeudi en séance plénière de la Chambre le CDH Benoît Dispa à la réponse émise quelques minutes plus tôt par Charles Michel (MR). "Vous redoutez un précédent ?, a-t-il encore lancé au Premier. Mais ce précédent existe déjà ! Il s’agit en effet de la plus longue procédure de remboursement des travailleurs d’une entreprise faillie en Belgique."

On parle ici de l’inclôturable dossier relatif aux indemnités de licenciement encore dues aujourd’hui aux anciens travailleurs des Forges de Clabecq, déclarées en faillite le 3 janvier 1997. Vingt ans plus tard, quelque 2 000 travailleurs attendent en effet toujours le versement du solde de leurs indemnités, soit un total de 18 millions d’euros. La question est revenue au-devant de l’actualité en début de semaine après que les trois curateurs de la faillite des Forges ont réitéré leur volonté de voir l’Etat belge, créancier prioritaire, renoncer à faire valoir une "créance éteinte", qualifient-ils , de 36 millions d’euros.

L’Etat de droit comme "guide", selon M. Michel

Pour mémoire, fin 2015, l’Etat fédéral avait repris à son compte une créance de BNP Paribas qu’il avait garantie dans les années 1980 dans le cadre du soutien au secteur sidérurgique belge en difficulté. Aujourd’hui, "bien que Fortis ait récupéré la totalité de ses avances et que les aides financières jadis octroyées par l’Etat belge aux Forges aient été jugées illégales par la Commission européenne en 1996, regrettent les curateurs, l’Etat belge exige toujours le paiement de cette créance"… via une action introduite auprès du tribunal de commerce de Nivelles. "C’est l’Etat de droit ainsi que le respect des procédures qui doivent nous guider dans cette affaire", a répété jeudi le Premier ministre. Une audience devant l’instance précitée est prévue le 7 novembre prochain.