Le monde de la finance, ce n’est un secret pour personne, est traditionnellement un fief très masculin. S’y tailler une place quand on est une femme, ce n’est pas si facile. "On nous demande de prouver deux fois plus notre valeur qu’un homme mais une fois que nous sommes admises, nous trouvons vite notre place et sommes en mesure de déployer nos talents. Nous faisons preuve de plus de patience et de plus d’empathie que nos collègues masculins", reconnaît Catherine Dedisse, Senior Private Banker chez Puilaetco Dewaay.

En réalité, que ce soit un homme ou une femme, il faut trouver la personne qui convient le mieux dans la relation avec le client. "On peut mettre un jeune avec un jeune ou une femme avec une femme. L’important c’est que le client se sente bien. Une seule fois dans ma carrière j’ai été confrontée à un homme qui ne voulait pas d’une femme comme chargée de relation pour sa gestion de fortune. Je pense que nous devons être capables d’admettre ce genre de comportements car il faut vraiment que le client se sente à l’aise", avoue Corinne Ways, Wealth Private Banker chez CBC Banque.

Quel que soit le genre, c’est donc la qualité de la relation qui doit primer. "Je ne crois pas qu’il y ait des problèmes liés au genre. Je pense que c’est plus une question de personnalité. Par ailleurs, certains hommes développent aussi des qualités féminines. C’est la diversité des genres qui fait la richesse d’une équipe", estime Delphine Wykes, Senior Portfolio Manager à la Banque Degroof.

Les femmes ont une qualité d’écoute et d’empathie qui est précieuse dans ce genre de relation. "Il faut laisser parler le client, qu’il comprenne qu’il est entendu. Chez Petercam nous avons une parité hommes-femmes en estate planning et, il est vrai, que les hommes sont plutôt de bons techniciens là où nous développons plus d’empathie", note Karin Ickx, Directeur du Siège de Bruxelles Private Asset Management chez Petercam.

Il est vrai qu’une femme va davantage s’enquérir des nouvelles des enfants ou mettre en valeur leurs clients. Mais certains clients préfèrent ne pas s’attarder sur ces sujets, alors, elles s’adaptent. Dans ce métier, il y a deux aspects : l’aspect financier et le relationnel. Certaines gestionnaires encouragent aussi les hommes à venir avec leurs épouses, ce qui permet de consolider la relation. Les femmes qui investissent sont, généralement, plus prudentes que les hommes et posent souvent des questions de bon sens. Lorsqu’elles réalisent qu’elles sont en mesure de comprendre les enjeux de la gestion, elles prennent davantage confiance en elles et… elles y prennent goût.

Leurs conjoints sont alors rassurés car ils réalisent que leurs épouses pourront prendre les choses en mains s’il leur arrive quelque chose. En gestion, la confiance et la qualité de la relation sont donc aussi importantes que la construction du portefeuille.