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Fiat veut monter à bord d’Opel

Marcel Linden

Publié le - Mis à jour le

Fiat promet de maintenir trois des quatre usines d’Opel en Allemagne, à savoir les trois unités de montage de Rüsselsheim, Bochum et Eisenach. Concernant le sort de l’usine de moteurs de Kaiserslautern, le groupe automobile italien voit "un certain besoin de consolidation". C’est ce qu’a indiqué le ministre allemand de l’Economie, Karl Theodor zu Guttenberg, à l’issue d’un premier entretien à Berlin, lundi, avec Sergio Marchionne, le patron de Fiat.

Le ministre allemand, qui étudie parallèlement une offre d’engagement du groupe australo-canadien Magna dans Opel, n’a pas dit lequel des deux a sa préférence. Dans la capitale allemande on relève que les entretiens avec les investisseurs potentiels dureront encore quelques semaines.

Le ministre conservateur (CSU) a montré une prudente sympathie pour la proposition de Fiat en parlant d’un "concept intéressant" qui devrait toutefois encore être examiné de très près. Il a ajouté que Fiat veut entrer sans dettes dans Opel et veut aussi maintenir la marque Opel. Dans la soirée de lundi, le patron de Fiat devait aussi rencontrer deux autres acteurs importants, le vice-chancelier social-démocrate et ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et Klaus Franz, le chef du conseil d’entreprise d’Opel.

Les sociaux-démocrates (qui font partie du gouvernement de grande coalition d’Angela Merkel), le conseil d’entreprise et le syndicat IG Metall sont très sceptiques à l’égard d’un engagement de Fiat et favorisent ouvertement la piste de Magna, numéro trois mondial des sous-traitants automobiles. Depuis longtemps, le sauvetage d’Opel provoque des tiraillements au sein du gouvernement. Guttenberg a reproché à son rival Steinmeier "d’affaiblir la position d’Opel en prenant trop tôt position pour ou contre un investisseur" et il a exigé de ne pas faire d’Opel un sujet électoral à l’approche des élections législatives de septembre. Cela n’a pas empêché M.Steinmeier de visiter hier l’usine d’Eisenach en Allemagne de l’Est. Hans Demant, le patron d’Opel, a assuré de son côté que "nous parlerons avec tous les intéressés". La "Sueddeutsche Zeitung" croit savoir que la direction d’Opel opte pour Magna dans la mesure où l’arrivée de Fiat provoquerait une "rébellion" des salariés. Selon la "Witschaftswoche", Magna, allié au constructeur automobile russe Gas et à la banque russe Sberbank, offrirait cinq milliards d’euros pour prendre le contrôle d’Opel, soit cinq fois plus que la somme d’un milliard apparemment proposée par Fiat. Le ministre Guttenberg a rappelé que ce n’est pas le gouvernement allemand qui tranchera en dernier recours. "L’investisseur, a-t-il dit, devra en fin de compte trouver un accord avec General Motors", le propriétaire d’Opel. Berlin se prépare à accorder des garanties de crédit de près de 3 milliards d’euros pour assurer l’assainissement d’Opel.

Bien que Sergio Marchionne ait bonne réputation auprès des syndicats italiens, les représentants du personnel d’Opel et l’IG Metall tirent à boulets rouges sur Fiat. "Je ne sais pas si Monsieur Marchionne peut sauver Opel", a déclaré Armin Schild, responsable d’IG Metall siégeant au conseil de surveillance d’Opel, en objectant qu’avec des gammes de produits très comparables et sur des marchés identiques les deux constructeurs se livrent une concurrence directe qui risque de coûter des milliers d’emplois chez Opel.

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