Ford a fait état vendredi d’une perte nette de 1,4 milliard de dollars au 1er trimestre. Un an plus tôt, le constructeur automobile américain avait dégagé un bénéfice de 70 millions. En dépit de ces nouvelles pertes, Ford a répété qu’il "ne prévoyait pas de demander une aide financière au gouvernement américain", à la différence de ses concurrents General Motors et Chrysler, fort des 21,3 milliards de dollars de liquidités brutes détenus dans ses caisses à la fin mars. Les performances du numéro deux américain sur ces trois mois sont moins mauvaises qu’attendu. Les analystes, qui bâtissent leurs prévisions hors éléments exceptionnels, tablaient sur une perte courante de 1,23 dollar par action. Or, Ford a publié une perte courante de 75 cents par action, soit un déficit de 1,8 milliard de dollars au niveau du groupe.

La perte nette est moins lourde que la perte courante grâce au gain exceptionnel tiré par Ford de la restructuration réussie de sa dette, annoncée en début de mois. L’opération a permis de réduire l’endettement du constructeur à 15,9 milliards de dollars, contre 25,8 milliards fin 2008. Côté chiffre d’affaires, Ford a également dépassé les attentes, avec des revenus de 24,8 milliards - certes en baisse de 37 pc sur un an - contre 22 milliards attendus par le marché. "Ford reste en bonne voie pour atteindre ses objectifs financiers, dont un objectif de retour à l’équilibre, ou mieux, en 2011 pour l’automobile dans son entier mais aussi pour la région Amérique du nord", a indiqué le groupe. Ces objectifs sont bâtis sur des prévisions "dans le bas de la fourchette" pour le marché américain, à savoir entre 10,5 et 12,5 millions d’unités cette année. En revanche, pour l’Europe, Ford a relevé son estimation de 13 millions à 14 millions d’unités vendues en 2009.