L'usine VW de Forest poursuit sa mue. Une nouvelle étape sera en effet franchie cette semaine dans sa transformation en usine Audi (la quatrième de la marque après Ingolstadt et Neckarsulm en Allemagne, et Györ en Hongrie) avec l'arrivée, ce mercredi, de la nouvelle équipe de direction, en droite ligne dépêchée par Audi Allemagne.

A 43 ans, Alfons Dintner devient directeur général de l'usine de Bruxelles en remplacement de Norbert Steingräber transféré sur d'autres dossiers au sein du groupe VW. Alfons Dintner dirigeait l'unité de peinture de l'usine d'Ingolstadt depuis 2001.

Quant à Stéphanie Ulrich, elle vient chapeauter les ressources humaines à la place du Belge Jos Kayaerts, toujours en négociation concernant sa prochaine mission. Elle avait dirigé ce même département sur le site VW de Salzgitter.

Bientôt les primes de départ

La crise avait duré plusieurs mois et fait couler beaucoup d'encre, à la mesure de l'émotion suscitée par le cataclysme. Le 21 novembre dernier, la direction annonçait la perte de 4 000 emplois sur les 5 400 du site. Après trois mois de négociations, fin février, le personnel donnait finalement son feu vert au plan de diminution des coûts présenté par la direction d'Audi, comme condition à sa reprise de l'usine.

La page sera progressivement tournée à partir de ce 2 mai. Même s'il faudra plusieurs semaines pour qu'on ne parle plus de VW Forest mais bien d'Audi Forest (l'échéance officielle est la fin des vacances d'été). D'autant que des VW (dont les dernières Golf bruxelloises) continueront à sortir des chaînes pendant la période de transition, en plus de l'Audi A3.

Les premiers C4 ont atterri dans les boîtes aux lettres de ceux qui ont choisi de quitter l'usine. Les primes alléchantes auxquelles ils ont droit suivront.

Pour ceux qui restent, l'accord social (dont les principes ont été entérinés mais qui doit encore être concrétisé avec la nouvelle direction) prévoit le passage de 35 à 38 heures de travail hebdomadaires, sans compensation financière, ainsi qu'une organisation plus flexible des congés. Objectif : participer à la réduction des coûts de production. Il faut qu'ils diminuent de 20 pc pour les ramener au niveau de la concurrence internationale.

Optimisme de mise

Une production annuelle de 84 000 voitures est assurée pour les années 2007, 2008 et 2009 (année de début de production de la nouvelle Audi A1 en exclusivité pour le groupe), ce qui garantit 2 200 postes de travail. C'est environ 3 000 de moins qu'avant la restructuration. Moins catastrophique, donc, que les 4 000 pertes d'emploi projetées l'année passée par la direction. A partir de 2010, le quota pourrait atteindre voire dépasser 100 000.

"Audi nous invite à participer à sa success story", avait déclaré Norbert Steingräber, à l'époque patron du site VW forestois, appelé à laisser sa place à un nouveau directeur Audi. "Audi Bruxelles va engager du personnel à partir de 2009", avait pour sa part annoncé Jos Kayaerts, le directeur du personnel de l'époque. "Plus de travailleurs que prévu se sont inscrits sur les listes de départs volontaires, il faudra donc recruter pour atteindre les 2 200 personnes prévues pour constituer les équipes."

Les deux anciens patrons sont partis ou sur le départ. Et leurs successeurs, sur le point de débarquer à Bruxelles. Ils souhaitent prendre le temps de s'installer avant de faire des déclarations.

Monique Baus