Le rapport de Fortis, le rapport sans doute le plus attendu de Belgique, a été rendu disponible hier aux environs de 18 heures sur le site Internet de la société. Et comme prévu, il contient un certain nombre d’informations notamment sur les rémunérations des dirigeants.

La principale information neuve concerne Herman Verwilst qui a remplacé Jean-Paul Votron au poste de CEO le 11 juillet 2008 jusqu’à début décembre. Herman Verwilst qui avait accepté de renoncer à son "parachute doré" de 4,7 millions a quand même reçu une indemnité de préavis de 800000 euros à laquelle s’ajoutent une rémunération de 800000 euros et un montant de 2,1 millions lié au financement de sa pension "dû à la fin prématurée de sa carrière". Soit un total de 3,7 millions. La rémunération de Votron, en 2008, s’élève à 4,4 millions. Il n’est pas fait mention du bonus de 2,5 millions d’euros pour le rachat d’ABN dont parlait "De Standaard".

Côté administrateurs, Maurice Lippens, dont la démission a été annoncée le 28 septembre, a eu droit à 525000 euros. Son remplaçant, Jan Michiel Hessels, a reçu 166500 euros. La plupart des administrateurs ont perçu une rémunération autour des 100000 euros pour un total de 1,8 million. Leurs rémunérations ont été réduites à partir du 1er octobre compte tenu du démantèlement du groupe, précise le rapport. Le conseil a tenu 25 réunions alors que 8 étaient planifiées.

Un tableau indique le nombre d’actions Fortis détenues par les administrateurs. C’est Philippe Bodson qui en a le plus (100500). Maurice Lippens, lui, n’en détenait plus fin 2008 alors qu’un an auparavant il en possédait 920000.

On sent que chaque mot est pesé dans ce rapport qui curieusement comprend des soulignements au crayon.

Dans l’introduction, le nouveau conseil d’administration composé de trois personnes (dont le président Jozef De Mey et le CEO Karel De Boeck) exprime "son profond regret pour la détresse et les épreuves qui ont découlé des événements de l’année dernière". Il salue le travail réalisé à partir de fin septembre par trois ex-administrateurs : Jan Michiel Hessels, Philippe Bodson et Klaas Westdijk. Le conseil précise qu’ont eu lieu en 2008 "des événements qu’absolument personne ne pouvait anticiper". La démission de Maurice Lippens est évoquée très brièvement. En revanche, on a droit à quelques détails sur le départ de Jean-Paul Votron en juillet 2008: "Quant aux dispositions relatives à la fin de contrat de M. Votron, les membres du Conseil d’Administration estiment que M. Votron doit être traité décemment, avec dignité et équité", peut-on lire. La déclaration préalable faite par Jean-Paul Votron avant que le conseil ne délibère sur son sort est reproduite. On apprend qu’il a soumis à Maurice Lippens, alors président, deux possibilités : soit rester en fonction soit être remplacé.