Fortis-BNP, c'est fait!

Fortis-BNP, c'est fait!
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Ariane van Caloen

Publié le

Les messages de contentement et d’apaisement ont continué à tomber vendredi après que les actionnaires de Fortis, réunis à Utrecht, eurent donné leur feu vert à l’accord avec BNP.

Le Premier ministre estime qu’en adoptant la solution BNP, les actionnaires "ont fait le bon choix, le seul choix approprié". "Cependant, ajoute-t-il, je souhaite aujourd’hui tendre la main à tous les actionnaires Fortis, également à ceux qui n’ont pu se retrouver dans le projet proposé." Il s’adresse tout particulièrement à tous ceux qui s’inquiètent de voir un nouveau pan de l’économie filer dans des mains étrangères. "Dès aujourd’hui, la direction de la banque peut, de concert avec ses actionnaires, œuvrer à son avenir et continuer à jouer son rôle au profit de nos entreprises et de notre économie", assure Herman Van Rompuy.

La BNP Paribas y est aussi allée de son communiqué. Elle rappelle que le but du rapprochement avec Fortis Banque est "de construire un nouvel ensemble leader en Europe, dont la vocation principale est de soutenir l’économie réelle". Le nouveau groupe emploiera 200 000 personnes et aura une base de dépôts de 540 milliards d’euros. La banque française parle de quatre marchés domestiques : la Belgique, la France, l’Italie et le Luxembourg. Pour les clients de Fortis Banque, le rapprochement est, selon elle, "une bonne nouvelle". Elle rappelle son engagement à établir en Belgique plusieurs centres de compétences. "Conformément à la vocation de BNP Paribas, nous sommes déterminés à servir l’économie des pays où opère Fortis Banque", conclut le patron Baudouin Prot.

BNP s’est aussi engagée "à ne procéder à aucun licenciement forcé et à privilégier la mobilité interne et les départs naturels", souligne de son côté Fortis Banque.

Le conseil d’administration de Fortis Banque sera présidé par un Belge. Par qui ? Selon nos informations, il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’un Flamand. Luc Coene, président du comité de pilotage (mis sur pied pour aider le gouvernement dans les opérations de sauvetage des banques), œuvrerait dans ce sens. Les noms de Thomas Leysen (Umicore) et Luc Bertrand (Ackermans & van Haaren) ont été avancés, mais ils auraient tous les deux refusé. Pas évident de trouver l’oiseau rare

Pour le reste, le conseil d’administration devrait être modifié. Le nombre d’administrateurs présentés par l’Etat belge (qui est actionnaire à 25 pc, contre 75 pc pour BNP Paribas) sera ramené de 4 à 2, seuls Wim Coumans (CD&V) et Serge Wibaut (CDH) restant en place. Les deux administrateurs étiquetés libéraux (Emiel Van Broekhoven pour l’Open VLD et Jean-Paul Pruvot pour le MR) devraient se retrouver au conseil d’administration de BNP Paribas.

Un Flamand président ?

Quant au patron de Fortis Banque, il sera français. Il s’agira de Jean-Laurent Bonnafé. Mais, il se raconte que sa nomination ne pourrait être que temporaire, le temps de réaliser l’intégration et sans doute de réaménager le comité de direction.

Une des grandes inconnues porte sur Filip Dierckx, l’actuel CEO. Va-t-il rester en place alors qu’on l’accuse d’être l’un des principaux responsables des investissements de la banque dans les crédits structurés à risque (CDO) ? Même s’ils seraient nombreux au sein de la banque à vouloir le voir partir, il continuerait à manœuvrer pour rester en place et même s’assurer d’avoir des soutiens de membres du conseil d’administration (dont Luc Vansteenkiste).

"Faire partie de l’un des plus solides groupes bancaires européens nous permettra de servir les économies belge et luxembourgeoise dans les meilleures conditions", souligne-t-il hier dans le communiqué de Fortis Banque.

BNP annonce qu’elle donnera plus de détails sur les étapes du rapprochement lors de la présentation de ses résultats trimestriels le 6 mai prochain.

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