Comme prévu le ministre des Finances néerlandais, Wouter Bos, a donné son aval ("geen bezwaar" ou "pas d'objection") à l'offre du consortium composé de Royal Bank of Scotland, Fortis et Santander sur la banque néerlandaise ABN Amro. "Les déclarations de non-objection prévoient un certain nombre de conditions et critères spécifiques. Les banques s'attendent à pouvoir remplir ces conditions et critères" , souligne le communiqué de Fortis publié hier soir. Parmi ces conditions, il y a notamment l'obligation d'établir un plan de transition "solide et détaillé" dans les deux mois suivant l'entrée en vigueur des déclarations de non-objection. La structure de l'organisation d'ABN ne pourra pas être changée fondamentalement tant qu'il ne sera pas acquis que le plan de transition pourra être mis en oeuvre.

Outre le feu vert de la Commission européenne, l'étape suivante doit porter sur le financement du rachat (environ 70,2 milliards d'euros dont quelque 90 pc en cash). On sait que Fortis doit trouver 24 milliards, dont en principe 13 milliards sous forme d'augmentation de capital. Une opération qui s'annonce difficile compte tenu de la forte baisse du cours de l'action (25,16 €, hier) ces dernières semaines. D'où les rumeurs que le groupe présidé par Maurice Lippens pourrait trouver des financements complémentaires du type emprunt convertible ou ventes d'actifs. On devrait en savoir plus en fin de semaine.

Le PDG d'ABN Amro, Rijkman Groenink, a en tout cas confirmé que le consortium se montre déterminé à mener son projet à bien. "Il reste de nombreuses incertitudes, mais d'après les discussions avec le consortium, il apparaît qu'ils sont déterminés à en faire un succès. Cela implique que si on y travaille tous ensemble, on peut réduire les risques à un niveau acceptable" , a-t-il dit au "Financieel Dagblad".

Reste à voir si le consortium va maintenir le prix initialement proposé (38,40 euros par action ABN Amro). Aucune indication ne laisse penser qu'il aurait décidé d'un rabais qui, du reste, se justifierait par la crise sur les marchés financiers.

Quant à l'offre concurrente lancée par Barclays, elle paraît à coup sûr battue comme l'a reconnu Rijkman Groenink. Etant constituée en grande partie sous forme d'échange d'actions, elle a souffert de la baisse du cours de Barclays. Elle est valorisée à environ 60 milliards d'euros.