L'audition d'Olivier Henin, chef de cabinet du ministre des Finances Didier Reynders, en Commission d'enquête sur la séparation des pouvoirs a confirmé les divergences de vues qui apparaissent au fur et à mesure que les différents témoins défilent devant les députés. La Commission se réunit vendredi soir à huis clos, l'opposition souhaitant organiser des confrontations. Les Commissaires examinent cette demande.

Le chef de cabinet de Didier Reynders a indiqué vendredi en Commission avoir reçu le 6 novembre 2008 vers midi un appel de l'avocat de l'Etat Christian Van Buggenhout annonçant qu'une "audience est convoquée" le même jour vers 14H30-15H, pour permettre au substitut de lire son avis dans l'affaire Fortis. M. Henin dit avoir communiqué cette information à l'ensemble des chefs de cabinet Premier et vice-Premier avec lesquels il était en réunion. Il s'agissait de se préparer à réagir, en cas d'hypothèse positive ou négative, a-t-il estimé. Il en a aussi informé le chef de cabinet du ministre de la Justice, Herman Dams.

M. Dams a indiqué vendredi matin s'être entretenu alors avec le procureur du Roi de Bruxelles lui demandant de lui faxer l'avis sur Fortis, pensant qu'il avait été rendu. Si je savais qu'il n'avait pas été rendu, je ne lui aurais pas demandé de me le faxer, a-t-il dit en substance. Dans sa lettre rendue publique au Parlement, l'ancien Premier ministre Yves leterme indiquait en décembre que sa cellule stratégique avait été alertée à l'époque par le cabinet des Finances de la teneur de l'avis que s'apprêtait à rendre le substitut. Les informations figurant dans cette lettre proviennent du conseiller Pim Van Walleghem, alors au cabinet Leterme, et du président de la Chancellerie, Hans D'Hondt.

Ce dernier a pour sa part indiqué vendredi que les informations apportées par M. Henin, relativement à l'avis, concernaient "la suspension des opérations, la consultation de l'assemblée générale et la désignation d'un comité d'experts". M. Henin s'est défendu d'avoir indiqué que l'avis était rendu. Il en veut pour preuve le fait que la suspension des opérations, telle qu'évoquée, ne figure pas dans l'avis finalement rendu par le substitut D'Haeyer.

Mercredi, Pim Van Walleghem avait affirmé avoir été invité par MM. D'Hondt et Henin à contacter le substitut D'Haeyer à propos de l'avis qu'il s'apprêtait à rendre. Le chef de cabinet de Didier Reynders a réfuté cette information vendredi. "Je n'ai aucune relation d'autorité vis-à-vis d'un membre d'un autre cabinet. Je n'ai pas demandé à qui que ce soit d'appeler M. D'Haeyer", a-t-il dit, précisant qu'il ne connaissait pas le contenu de l'avis et qu'il n'avait jamais entendu le nom de M. D'Haeyer comme étant le substitut chargé de se proncer dans cette affaire. M. Henin a indiqué avoir seulement accepté d'avoir un contact avec M. Van Walleghem, qu'il ne connsaissait pas non plus, pour lui fournir "une information relative à l'état de la procédure". Le chef de cabinet de Didier Reynders a dit ignorer que M. Van Walleghem allait téléphoner au substitut D'Haeyer. Il a affirmén e l'avoir appris qu'après l'entretien entre les deux interlocuteurs.