Fortis, Dexia et KBC ont perdu 1,5 milliard

Fortis, Dexia et KBC ont perdu 1,5 milliard
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Philippe Galloy

Publié le - Mis à jour le

La crise financière apparaît désormais de façon très visible dans les résultats des banques belges. Selon nos calculs, au 1er semestre 2008, les trois plus grandes banques du pays, Fortis, Dexia et KBC, ont perdu au moins 1,398 milliard d'euros à cause des problèmes liés au "subprime", le marché des crédits hypothécaires à risque.

KBC, qui a publié jeudi ses résultats semestriels, fait état d'une "incidence sur le bénéfice net des réévaluations des crédits structurés de 161 millions d'euros" au 2e trimestre, somme qui vient s'ajouter aux 93 millions d'euros prévus à ce même poste au 1er trimestre. En outre, le groupe financier reconnaît une "incidence des réductions de valeur sur d'autres portefeuilles d'investissement, principalement le portefeuille d'actions de la division assurances en Belgique, de l'ordre de 138 millions d'euros". Sur les trois premiers mois de l'année, la même incidence sur le bénéfice n'était "que" de 71 millions d'euros. Total de la perte semestrielle liée au "subprime" pour KBC : 463 millions d'euros.

A noter que KBC est la banque qui pousse le plus loin la notion de "conséquence de la crise" puisqu'elle y inclut les pertes dues aux baisses des Bourses, ce que d'autres institutions financières ne font pas.

Perte peut-être plus lourde

Fortis ne s'en est pas mieux tiré. Le communiqué sur les résultats semestriels du groupe, publié lundi, expliquait qu'"au 2e trimestre, l'impact total net d'impôts de l'agitation du marché du crédit atteignait 362 millions d'euros, contre 229 millions au 1er trimestre", ce qui donne une perte totale semestrielle due au "subprime" de 591 millions d'euros.

Enfin, Dexia est le groupe pour lequel on a le moins d'informations. Et pour cause : la date de la publication de ses résultats semestriels est fixée au 29 août. Mais mercredi, en publiant les chiffres trimestriels de FSA, sa filiale américaine, Dexia s'est senti obligé de donner des indications préliminaires sur ses résultats du 2e trimestre. On y apprend qu'"après prise en compte des pertes liées à FSA (pertes dues au "subprime", NdlR) , le résultat net par du groupe comptable est estimé à 539 millions d'euros pour le 2e trimestre 2008". Or, sans l'effet négatif des comptes de FSA, le résultat net atteint 755 millions d'euros. Différence : 216 millions d'euros, à ajouter aux 128 millions d'euros de charge de risque comptabilisée au 1er trimestre. Total de la perte semestrielle due au "subprime" pour Dexia : 344 millions d'euros.

Si l'on cumule les effets négatifs de la crise sur les résultats nets des trois grandes banques, on peut constater que le "subprime" a amputé leurs bénéfices d'au moins 1,398 milliard d'euros. La somme doit peut-être même être plus grande : tout dépend des résultats trimestriels officiels de Dexia, dévoilés le 29 août, voire des dépréciations de portefeuilles d'actions que Fortis et Dexia n'ont pas annoncées aussi clairement que KBC. Les actionnaires savaient que la crise aurait un prix, au point de vue des bénéfices bancaires. Voici une première addition... salée.

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