Le cabinet d'avocats Modrikamen, qui représente près de 2.400 actionnaires de Fortis holding, a indiqué lundi soir que que "le deal 'renégocié"' ces derniers jours n'était en rien créateur de valeur pour les actionnaires de Fortis, l'Etat belge, les employés de Fortis et l'économie belge".

"Rien n'a changé par rapport à l'accord rejeté à la dernière assemblée. Ce nouvel accord n'aura pas le soutien de la plupart des groupes d'actionnaires et de Ping An à la future assemblée générale et sera donc source d'une nouvelle période d'incertitude pour toutes les parties", indique le cabinet d'avocats dans un communiqué. "Vendre 25 pc de Fortis Insurance Belgium (FIB) à BNP Paribas génère des liquidités mais n'est nullement créateur de valeur. (...)

L'Etat belge enregistre toujours une perte immédiate de plus de 5 milliards d'euros sur l'opération et sa participation dans BNP Paribas sera vraisemblablement diluée dans le futur, tenant compte de la faiblesse des ratios de solvabilité de BNP Paribas. Les emplois qualifiés du siège seront supprimés et la Belgique aura perdu un centre de décision majeur", note le cabinet. Il rappelle par ailleurs que "le plan alternatif présenté par les groupes d'actionnaires maintient l'emploi et les centres de décision en Belgique, permet à l'Etat belge de récupérer immédiatement 2,4 milliards d'euros contre la cession de 25 pc de la banque à Fortis et offre des perspectives de sortie à terme de trois ans pour le solde de sa participation dans le cadre d'options put et call, sans perte".

"Fortis Banque aurait alors un actionnaire étatique garant de la bonne fin des opérations et un actionnaire privé garant d'une dynamique de gestion. Par ailleurs, Fortis peut être le point d'ancrage d'une restructuration future de Dexia et Ethias qui s'avérera peut être indispensable", commente-t-il encore.