Le groupe belgo-néerlandais Fortis a fait une radioscopie de ses 3000 cadres supérieurs dans le monde. Avec pour possible conséquence le licenciement de 200 d'entre eux, annonce dans son édition de mardi le «Tijd», qui cite des sources syndicales.

Fortis a confirmé l'audit, mais ne veut pas avancer de chiffres. «Tout dépendra de l'évaluation», précise une porte-parole.

Evaluation plus stricte

Le plan comporte en fait deux volets: une formation (de quatre jours) et une «évaluation qui se fera de manière un peu plus stricte».

Le but «est d'avoir la bonne personne à la bonne place», souligne encore la porte-parole.

Comme l'avait dit, en août, Jean-Paul Votron, le CEO de Fortis, l'idée est d'avoir des «top managers» à la hauteur des ambitions du groupe. Cela s'inscrit dans un programme de management intitulé «Growth for Leadership».

Les cadres supérieurs ont des personnes sous leur responsabilité ou des dossiers importants à gérer. Ils sont 3000 dans le groupe, dont 1000 en Belgique.

Selon des rumeurs, un certain nombre d'«ex-CGER» pourraient être particulièrement visés dans la mesure où une convention collective de travail liée à l'ancien actionnariat public permet plus facilement des départs anticipés. Une hypothèse que l'on se refuse de confirmer du côté de Fortis, où l'on insiste sur le fait que c'est la notion de compétence qui prédominera dans les choix à faire.

Chasse aux sorcières

En attendant des précisions, ce plan suscite des commentaires et des craintes. Les syndicats parlent de «chasse aux sorcières» parce que le top manager de chaque métier serait appelé à dresser une liste (noire) de cadres qui ne répondraient pas aux conditions requises, explique le «Tijd».

Certains observateurs y voient, eux, une suite de la fusion entre la Générale de Banque et la CGER. Les salaires de certains cadres sont considérés comme trop élevés compte tenu de leurs responsabilités en diminution au cours de ces dernières années.

Il faudra donc que la clarté soit faite. «Nous voudrions connaître les raisons et les objectifs de ces licenciements», nous a expliqué Guy Bourgeois, secrétaire général de Forcka (syndicat des cadres à la Fortis Banque). Y a-t-il eu des provisions pour financer ces licenciements? Quel type de population est visé? Toutes ces questions devraient être posées lors du conseil d'entreprise du 24 novembre.

Mais Guy Bourgeois se montre plus inquiet sur l'accompagnement psychologique «en général nul» qui précède ce genre d'opérations que sur les conditions notamment financières qui, elles, sont «correctes».

Pour ce qui est de l'impact moral sur l'ensemble du personnel, c'est une autre question. Il semble en tout cas que l'idée de la formation résulterait d'une enquête faite auprès du personnel en 2004.

© La Libre Belgique 2005